Le roman de Jim de Pierric Bailly

La paternité est un thème cher à Pierric Bailly. Après avoir rendu hommage à son père dans L’homme des bois, puis évoqué le désir et les craintes liés à la paternité dans Les enfants des autres, il nous offre Le roman de Jim, l’histoire d’un fils racontée par son père.

L’histoire. Aymeric tombe amoureux de Florence, une femme célibataire de quinze ans son aînée, enceinte de six mois. Le père biologique ne veut pas entendre parler de cette grossesse. Il a une femme et deux enfants et ne veut rien changer à sa vie.
Aux côtés de Florence et de l’enfant à venir, la place de père est vacante : à la naissance de Jim, Aymeric élève tout naturellement cet enfant comme son fils. Durant plusieurs années, Florence, Aymeric et Jim forment une famille heureuse et unie. Progressivement, Jim devient la raison de vivre d’Aymeric, même lorsque les liens avec Florence s’étiolent. Arrive alors le jour où la place qu’il occupe auprès de Jim est remise en question…

Pourquoi on aime ce livre. On est ébranlé par la déclaration d’amour que cet homme fait à son fils, cet homme qui est arrivé dans la vie de ce petit garçon un peu par hasard, mais qui a choisi d’y rester. Pierric Bailly réussit à nous faire vivre cette histoire intensément et à nous faire éprouver les émotions de ses personnages : dès lors qu’Aymeric accueille cette paternité, Jim représente pour lui ce qu’il y a de plus précieux au monde, et pour nous aussi. Au fil du récit, nous retenons notre respiration, nous tremblons pour qu’il ne leur arrive rien, pour que la vie paisible dans les montagnes du Jura s’écoule sans obstacle. Hélas…

Pierric Bailly nous prouve une fois encore qu’il a du talent. Tension dramatique, psychologie des personnages, style, intrigue, ce roman est une réussite.

Marisa, 29 mars 2021.

Les choses humaines de Karine Tuil

Alexandre vit la plupart du temps aux Etats-Unis pour ses études. Il est brillant et c’est un sportif émérite. Ses parents vivent en France.

Jean Farel, son père, est un grand journaliste politique. Personnalité la plus aimée des français, il soigne son image à coup de tweets et de photos dans les magazines. Il passe pour un bon père et un époux fidèle. Dans la réalité, il mène une double vie, pousse son fils à être le meilleur et n’hésite pas à être violent avec lui.

Claire, la mère d’Alexandre est essayiste. En épousant Jean, de 27 ans son aîné, elle a vu sa carrière exploser. Et lorsqu’elle décide de le quitter, plus personne ne s’intéresse à son travail. Féministe, elle a élevé son fils dans le respect de l’autre. Elle intervient souvent dans les médias contre les violences faites aux femmes.

Mila Wizman a été élevée dans une famille juive. Après un acte terroriste dans son école, elle part vivre avec les siens en Israël. De retour en France, ses parents se séparent. Mila part quelques temps vivre avec sa mère à Brooklyn dans le quartier juif orthodoxe. Ne supportant pas l’éducation rigoriste, elle vient s’installer en France chez son père qui a refait sa vie avec Claire. C’est ainsi qu’elle rencontre Alexandre.

Deux êtres totalement différents, de par leur statut et leur éducation. Lui a un parcours de jeune élite à qui tout réussit. Mais il est aussi narcissique, il a une grande aisance avec le langage. Il a une sexualité libérée dans les actes et un langage parfois ordurier. Mila est majeure et a eu des rapports sexuels avec un homme marié. Son rapport au sexe est différent, de par son éducation juive ultrapratiquante. Un soir, ils partent ensemble à une fête et ont des rapports sexuels.

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KUKUM, lauréat du prix France Québec

Québec, sur les bords du lac Saint-Jean, 1895. Almanda, orpheline issue de l’immigration irlandaise, croise le chemin de Thomas, un jeune Innu. Il la convie à quitter une vie immobile à la ferme pour partager sa vie de chasseur dans « une nature indomptée et somptueuse […] libérée de l’horizon ». C’est l’été de ses 15 ans. Elle choisit cette vie rude et libre.

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Sans armure

Ce texte court est un concentré d’émotions. Pour raconter la vie de Brune, Cathy Ytak démarre son récit par une dispute. Yannick va chercher à retrouver l’être aimée en se tournant vers son passé. Brune n’est pas une fille comme les autres. C’est un maillon faible qui s’est protégé en se fabriquant une armure « indispensable quand on est trop sensible dans un monde qui ne l’est pas assez ». Ses parents étaient déjà hors normes, vivant dans la forêt. Mais en l’envoyant à l’école, ils ne se rendent pas compte du décalage entre leur fille et les autres enfants. Son monde à elle est fait de couleurs et de connexions avec la nature. C’est un livre sur les différences. L’auteur évoque la synesthésie, le métissage, l’homosexualité, le handicap avec délicatesse.

Sans armure n’est pas un texte sorti sans douleurs. Cathy Ytak l’a repris alors qu’elle le croyait en perdition. De bonnes rencontres au bon moment lui ont permis d’aller au bout de ce projet. Cela donne un texte dense et sensible où je trouve des similitudes avec l’écriture de Jeanne Benameur. A lire sans tarder.

Babeth, 2 janvier 2021