Le club des enfants perdus de Rebecca Lighieri

Je déteste lire des pavés, ça me fatigue à l’avance. Mais je craque dès que je vois certains noms d’auteurs. C’est le cas de Rebecca Lighieri. Je savoure son écriture, et j’aime les sujets auxquels elle est attachée.

C’est par le regard d’Armand que s’ouvre ce roman. Comédien reconnu, cet être narcissique a une conscience aiguë de ce qu’il est, de ce qu’il vaut et de ce qui importe dans sa vie. Néanmoins, comme il le dit :

J’étais bien parti pour être un connard

Non conformiste, il aime d’autres femmes que la sienne tout en considérant que Birke, son épouse reste le centre de sa vie. Comédienne également, elle l’a tiré vers l’excellence. Pourtant ce n’était pas gagné pour cette femme sublime et déterminée. Née dans une famille dysfonctionnelle, avec des parents toxicos et violents, elle dissimule des secrets honteux. Pour Armand, sa femme est une rescapée. Leur fille Miranda, âgée d’une vingtaine d’années, n’a rien en commun avec ses parents. Elle est dépressive, petite, fragile et sans éclat. Enfin, c’est ainsi qu’ils la voient. Armand voue un amour infini à sa fille et il aimerait sincèrement qu’elle soit heureuse. Malgré toute leur compassion, les parents de Miranda la trouvent désespérément lisse. Il faut dire que Birke n’était pas faite pour être mère et elle entretient très peu de relations avec sa fille. Miranda, quant à elle, se considère comme une bouffonne paumée.

Face à mes parents, je me suis toujours sentie comme un insecte englué dans une toile, ou comme un oiseau affolé par trop de phares

Lire la suite »

Humus de Gaspard Koenig

Homo vient d’humus. Homo vit d’humus. Puis Homo a détruit humus. Et sans humus, pas d’Homo. Simple.

Voilà qui donne à la fois le titre, le sujet et le ton du dernier roman de Gaspard Koenig paru aux éditions de l’Observatoire et récemment disponible en format poche.

 Au fil de cette tragi-comédie aux accents balzaciens nous suivons les aventures d’Arthur et de Kevin, deux jeunes étudiants à AgroParisTech où ils connaissent une épiphanie en sortant d’un cours sur les lombrics donné par un vieux professeur. A la suite de Darwin celui-ci démontre que les vers de terre permettent par leur travail de labour la transformation d’un sol moribond en une terre régénérée ce qui suffit à convaincre nos deux héros qu’il est urgent d’agir.

 Ce roman à la fois roman réaliste, roman d’idées et roman d’apprentissage plonge le lecteur dans l’actualité écologique et conduit les deux agros à agir dans deux directions de plus en plus opposées au cours de l’action. L’un s’engage dans la voie de la technologie, l’autre dans celle de la néo ruralité et tous deux connaissent parfois sur le mode de la farce un certain nombre de revers.

Lire la suite »

Rencontre en petit comité avec Manon Fargetton au salon Lire en Poche

Rencontre ce dimanche 13 octobre à l’occasion du salon du livre Lire en Poche d’une sémillante jeune autrice, Manon Fargetton, très suivie par un jeune public allant de 8 à 18 ans et pourquoi pas à 88 ans, si l’on en croit l’intérêt manifesté par les adultes présents à la rencontre. 

En effet, dans ses nombreux livres, Manon Fargetton explore tous les univers, fantastique, fantasy, réaliste même, dans des romans contemporains comme par exemple « Quand vient la vague » suivi de « En plein vol »  écrit en collaboration avec Jean-Christophe Tixier où une fratrie affronte la trahison de leurs parents, de science fiction sous la forme d’un roman d’apocalypse « Dix jours avant la fin du monde » qui conduit le lecteur à s’interroger sur le sens ultime de la vie quand le monde s’anéantit, ou encore « Tout ce que dit Manon est vrai », roman très personnel où l’auteure raconte l’histoire d’une emprise qu’elle a elle-même vécu pendant l’élaboration de son premier livre.

Lire la suite »

Rencontre en petit comité avec Gaelle Nohant au salon Lire en Poche

Cette année, j’ai eu le grand plaisir de pouvoir modérer le petit déjeuner littéraire entre Gaelle Nohant et les dix participants de cette rencontre. Le thème du salon était « Exils ».

Ce thème est souvent abordé dans ces romans. Notamment dans La femme révélée où son personnage principal doit quitter son pays, ses racines, et son fils pour sauver sa vie. Son dernier livre, Le bureau d’éclaircissement des destins, s’y consacre savamment. Irène, enquêtrice française à l’ITS de Bad Arolsen en Allemagne, se voit confier pour mission de restituer les objets retrouvés sur les camps de concentration aux descendants des victimes. Une mission fastidieuse qu’elle accomplira avec beaucoup d’humanité et qui la conduira sur les traces de ces hommes et femmes disparus tragiquement. Un roman qui est vrai historiquement, Gaelle Nohant ayant lu plus de deux cents ouvrages afin qu’il n’y ait aucune marge d’imprécisions. Un engagement envers son lectorat mais surtout envers les descendants des victimes.

Gaelle Nohant a pu nous raconter les coulisses de ce livre qu’elle a commencé à écrire en 2020. A l’époque, Gaelle Nohant prévoit un voyage sur place pour s’imprégner de l’atmosphère, élargir ses recherches afin de construire son roman. Le confinement va bloquer ce projet et c’est à distance mais en lien très régulier avec l’institut, et notamment, une enquêtrice, que l’histoire va se déplier.  Gaelle Nohant, vers la fin de sa rédaction et avec la levée des mesures sanitaires, pourra faire ce grand voyage. Elle nous raconte son arrivée de nuit dans cette ville sombre et cernée de forêts, la place du château de la ville et sa stature imposante. Ce château qui a servi à loger les Waffen SS durant la guerre. Elle nous raconte sa rencontre avec l’enquêtrice qui ressemble beaucoup à Irene, son personnage principal.

Lire la suite »