Charlotte, de David Foenkinos. Le coup de cœur de Pauline.

C’est l’histoire d’une fascination. Celle qu’a éprouvée David Foenkinos quand il a découvert l’œuvre de Charlotte Salomon, artiste peintre d’origine allemande et de confession juive, décédée à l’âge de 26 ans. Il s’est senti happé par ses peintures, comme quand on sait, au fond de soi, être en proie à une douce intrusion. Comme une sensation de familiarité, une sorte de vibration interne que l’âme reconnait. Il commence alors un travail de recherche qui durera 8 ans, allant même jusqu’en Allemagne pour découvrir qui était Charlotte, sa vie, son histoire et son destin tragique.  

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Vie sauvage, de Philip Rohr

Mais où va-t-elle ? C’est la question que je me suis posée pendant tout le roman. Claudia vient de quitter le domicile conjugal. Elle part, elle a besoin de réfléchir. Une semaine. Et elle va abandonner sa voiture sur une aire de repos. Marcher le long de l’autoroute, mettre cent fois sa vie en danger. Elle marche, nuit et jour, dans les bois, dans la ville. Claudia regarde les êtres qu’elle rencontre dans la rue, dans les bars. Leur colère, leur solitude. Pour se confronter à ses propres sentiments de tristesse, d’abandon, de colère et d’isolement. Ou peut-être pour oublier, pour en finir. C’est lent et en même temps c’est happant. Comme tout lecteur, je veux savoir ce qu’elle nous cache. Pourquoi cette errance ? Que cherche-t-elle ?

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Pluie et vent sur Télumée Miracle, Simone Schwarz-Bart

J’ai découvert Simone Schwarz-Bart dans l’émission L’heure bleue sur France Inter, je me rappelle très bien de sa langue riche, suave, de la profondeur que prenaient ses mots, de l’ampleur de leur prononciation, de la rondeur de l’accent caribéen, cet accent qui donne un relief particulier aux mots, qui nous fait les redécouvrir. Et je me souviens de l’histoire de sa vie, la rencontre très jeune avec son futur mari, André Schwarz-Bart, et l’œuvre commune ayant guidé toute leur vie : dire l’esclavagisme et la Shoah, rapprocher les expériences vécues de l’exil et de l’esclavage (même si son initiative « d’homme blanc » voulant porter une parole sur l’esclavagisme fut, déjà à l’époque, très tristement délégitimée).

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Dès que sa bouche fut pleine, de Juliette Oury

Aimeriez-vous vivre dans un monde où le sexe aurait pris le rôle social de la nourriture ? Où il serait naturel de baiser 3 fois par jour, avec conjoint, collègues ou amis. Où manger ferait partie de la sphère intime. C’est la dystopie que Juliette Oury a imaginée dans son roman Dès que sa bouche fut pleine. Nous suivons la vie de Laetitia et Bertrand, leur couple, les soirées où l’on se retrouve pour se mélanger et non pour un bon repas entre amis. Une soirée sans chichi, à la bonne banquette ! Il y a aussi la vie professionnelle : point de salle café mais une salle détente avec distributeurs de capotes. Comme la nourriture est tabou, on en parle beaucoup. Notamment des réseaux de cuisine clandestine, et de l’arrestation de madame Reine Claude. Pour se nourrir, on mange des barres sans arômes.

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