Une satire de notre époque avec Abel Quentin et Daniel Pennac, à Lire en Poche

Daniel Pennac était le parrain de l’édition 2023 du salon Lire en Poche de Gradignan. En cette qualité, il avait carte blanche pour inviter des auteurs qu’il apprécie. L’un d’entre eux est Abel Quentin. Les Liseuses de Bordeaux ont toutes lu son second roman Le voyant d’Etampes. La coïncidence était trop belle : après avoir tant débattu autour de ce livre, sa venue sur Lire en Poche était l’occasion de le rencontrer. Mais aussi d’assister à la rencontre orchestrée par Jacqueline Petroz qui réunissait Abel Quentin et notre parrain à tous, Daniel Pennac. Celui-ci a aimé Le voyant d’Etampes car c’est un roman qui correspond à l’injonction actuelle d’être légitime dans tout ce que l’on dit. 

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Lire en Poche : petit-déjeuner littéraire Franck Bouysse

Le salon Lire en Poche est l’occasion de différents moments de rencontres entre les auteurs et leurs lecteurs. Le format le plus intime est sans doute celui des petits-déjeuners littéraires, qui réunissent autour d’une autrice ou d’un auteur une douzaine de lecteurs.

Cette année j’ai eu le plaisir d’animer pour les Liseuses de Bordeaux mon premier petit déjeuner littéraire autour de Franck Bouysse. L’auteur de l’inoubliable Né d’aucune femme arrivait porteur d’une actualité littéraire particulièrement riche.

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Triste tigre, de Neige Sinno

« La littérature ne [l’a] pas sauvée ». Elle lui a juste permis d’écrire à quel point elle ne l’a pas sauvée, à quel point rien ne peut « sauver » d’un inceste qui reste logé là, en plein milieu de celui qui l’a subi, en son centre. La littérature lui a juste permis d’arriver à la justesse, la seule forme de justice possible : dire les choses telles qu’elles se sont produites, puisque tout autre forme de justice est inaccessible. Rien ne peut compenser, apaiser, permettre de tourner une page, pas même la punition de l’autre, la peine de prison, qui n’enlève pas de poids si ce n’est celui de la culpabilité qu’il puisse recommencer avec d’autres tant que les choses n’auront pas été nommées, exposées au grand jour. Nommer les choses pour essayer d’empêcher que ça se reproduise. Nommer pour que l’inceste cesse de n’être que l’affaire de celui qui l’a subi car faire de l’inceste une affaire privée, personnelle, constitue pour les victimes rien moins qu’une double peine.

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