Pluie et vent sur Télumée Miracle, Simone Schwarz-Bart

J’ai découvert Simone Schwarz-Bart dans l’émission L’heure bleue sur France Inter, je me rappelle très bien de sa langue riche, suave, de la profondeur que prenaient ses mots, de l’ampleur de leur prononciation, de la rondeur de l’accent caribéen, cet accent qui donne un relief particulier aux mots, qui nous fait les redécouvrir. Et je me souviens de l’histoire de sa vie, la rencontre très jeune avec son futur mari, André Schwarz-Bart, et l’œuvre commune ayant guidé toute leur vie : dire l’esclavagisme et la Shoah, rapprocher les expériences vécues de l’exil et de l’esclavage (même si son initiative « d’homme blanc » voulant porter une parole sur l’esclavagisme fut, déjà à l’époque, très tristement délégitimée).

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Dès que sa bouche fut pleine, de Juliette Oury

Aimeriez-vous vivre dans un monde où le sexe aurait pris le rôle social de la nourriture ? Où il serait naturel de baiser 3 fois par jour, avec conjoint, collègues ou amis. Où manger ferait partie de la sphère intime. C’est la dystopie que Juliette Oury a imaginée dans son roman Dès que sa bouche fut pleine. Nous suivons la vie de Laetitia et Bertrand, leur couple, les soirées où l’on se retrouve pour se mélanger et non pour un bon repas entre amis. Une soirée sans chichi, à la bonne banquette ! Il y a aussi la vie professionnelle : point de salle café mais une salle détente avec distributeurs de capotes. Comme la nourriture est tabou, on en parle beaucoup. Notamment des réseaux de cuisine clandestine, et de l’arrestation de madame Reine Claude. Pour se nourrir, on mange des barres sans arômes.

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Western, de Maria Pourchet

Un salaud peut-il être aimable ? Ce point ne sera pas tranché car comme dans les westerns, il n’y a pas vraiment de morale. La question serait trop complexe à aborder : les cowboys exterminent les indiens mais en même temps les indiens savent être sans pitié et puis, que font les cowboys si ce n’est protéger les leurs et accomplir leur destin ? Alors…

Alors, on saura en revanche qu’un salaud peut être aimé. Ça on le savait déjà me direz-vous mais a-t-on encore le droit de le dire et plus encore d’écrire une histoire là-dessus aujourd’hui ? C’est en ça que Western (prix de Flore 2023) décoiffe.

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Rencontre avec Kossi Efoui au Festival Lettres du Monde

Samedi dernier, l’écrivain franco-togolais Kossi Efoui était à la Villa Valmont à Lormont dans le cadre du Festival Lettres du Monde, interviewé par l’auteure Ysiaka Anam, avec la collaboration de l’association MC2a (Migrations Culturelles aquitaine afriques). Mais c’est en fait à bien plus qu’une interview que s’est livrée Ysiaka Anam en joignant le geste à la parole, dans un face à face intense et authentique avec l’auteur d’Une magie ordinaire. Un audio spectacle monté à partir de « voix du passé » ponctuait les questions d’Ysiaka Anam à Kossi Efoui afin de le ramener aux racines de son écriture, racines poétiquement matérialisées par du sable égrené au sol symbolisant le parcours de l’auteur du Sud (le Togo) vers le Nord (la France).

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