Le cas Eduard Einstein

Tout le monde connaît Albert Einstein. Mais beaucoup ignorent que dans l’ombre du génie vivaient sa femme et leurs deux fils, dont le cadet, Eduard, souffrant de schizophrénie.

« Avoir pour père le génie du siècle ne m’a jamais servi à rien. »

Interné à l’âge de vingt ans dans une institution psychiatrique à Zurich, Eduard n’apparaît presque jamais dans les biographies consacrés au physicien. Albert se confie peu sur sa famille, et encore moins sur son fils cadet, sa douleur et sa faille. Lui qui a défié les lois de l’univers et révolutionné notre conception de l’espace et du temps disait d’Eduard :

« Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution. »

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Une envie de chantilly

Comment vous expliquer que, sans cette maudite chantilly, ce roman n’aurait pas existé. Et d’un autre côté si je vous dis pourquoi, vous n’aurez plus de raison de lire ce roman.

Choisir un titre est important. C’est un peu comme La vraie vie. On s’interroge. Encore un feel good avec en plus une couverture tape-à-l’œil (de hyène) ? Non. Ce roman est tout autre.

Nous avons là une famille bien calibrée : un couple avec deux enfants vivant dans un lotissement, quoi de plus banal. Lorsqu’on y regarde de plus près, on découvre un père nerveux et violent (mais qui pleure en écoutant Claude François) à « la carrure d’équarrisseur », passionné de chasse, de TV et de whisky. La mère soumise s’adapte comme elle peut aux humeurs de son mari. Elle ne semble pas servir à autre chose qu’à faire la cuisine et apporte plus d’amour à ses chèvres qu’à ses enfants. Gilles et sa sœur passent la plupart de leur temps dans une décharge et vont voir leur destin bouleversé à cause d’une envie de chantilly (on y revient).

Le plus étrange dans cette famille, c’est la place qu’occupe « la chambre des cadavres » dans leur maison. On y trouve des animaux empaillés qui semblent continuer à exister. Gilles va d’ailleurs changer et sa transformation effraie tellement sa sœur qu’elle décide d’inventer une machine à remonter le temps.

« Ce qui vivait à l’intérieur de la hyène avait migré dans la tête de mon petit frère. Une colonie de créatures sauvages s’y était installée, se nourrissant des lambeaux de sa cervelle. Cette armée grouillante pullulait, brûlait les forêts primaires et les transformait en paysages noirs et marécageux. »
Par moment, j’ai pensé au Magasin des suicides de Jean Teulé en lisant La vraie vie. A la fois drôle et grinçant, ce livre nous fait découvrir des personnages attachants comme ce professeur Pavlovic et son épouse au masque blanc. Nous avançons page à page cachés dans la tête de l’héroïne courageuse, prête à tout pour sauver son frère. Et rien que d’y penser, j’en frissonne encore.
Babeth, février 2019

Le Rituel des dunes

Après Là où les tigres sont chez eux ou L’Île du Point Nemo, nous retrouvons avec délectation l’univers de Jean-Marie Blas de Roblès, avec Le Rituel des dunes, roman publié pour la première fois en 1989 (Seuil).

L’histoire. Expatrié dans le nord de la Chine, Roetgen tombe amoureux d’une Américaine excentrique de vingt ans son aînée. A chacune de leur rencontre, il devient à sa demande une sorte de Shéhérazade, inventant pour elle des contes extraordinairement envoûtants, des récits merveilleux ayant pour cadre la Chine.

« J’ai fait l’amour avec une folle en communication directe avec Spinoza et les lézards célestes. J’ai mangé et fumé d’étranges résines venues de Kachgar par la route de la soie. J’ai broyé de l’encre pour un des frères de Pu Yi, et nous nous sommes enivrés en mangeant des steaks hachés… »

Notre avis. Pour le lecteur qui ne connaît pas encore Jean-Marie Blas de Roblès, Le Rituel des dunes constitue une très bonne introduction à son oeuvre. D’abord le décor, luxuriant et sans cesse changeant, et cet insatiable goût pour les voyages, le dépaysement, l’inconnu. Ensuite, les personnages singuliers, tous plus atypiques les uns que les autres, comme ce légendaire empereur au double visage, ou « ce con de Laffite », qui réussit à passer une nuit enfermé dans la Cité interdite…

Jean-Marie Blas de Roblès se délecte, il s’amuse à nous désorienter, entrecroisant les récits et les époques, jouant à mêler réalité et fiction, jusqu’à les confondre. Emporté par le flot du récit, le lecteur peut en toute confiance lâcher prise. N’est-ce pas le but ultime de la lecture?

Avec ce récit foisonnant, l’auteur offre au romanesque ses lettres de noblesse.

Marisa, 25 février 2019

L’appel de Fanny Wallendorf

L’appel de Fanny Wallendorf est un roman galvanisant, parfait pour débuter l’année avec vigueur et optimisme.

Dans les années 60, Richard Fosbury est un adolescent dégingandé et fantasque. Sportif, il s’entête à faire du saut en hauteur sa spécialité bien qu’il peine à franchir la barre en appliquant la technique du ciseau, seule homologuée par les autorités de l’époque. Au point que ses entraîneurs se félicitent quand le jeune Richard passe la barre par en-dessus… Mais Richard est mu par une force intérieure qui le pousse à s’améliorer. Instinctivement, au cours d’un meeting scolaire, il efface la barre en position dorsale, et non en ciseau. Stupéfaction et incompréhension s’en suivent. Lire la suite

L’événement : le festival de la BD d’Angoulême

L’événement de ce mois de janvier, c’est le festival de la BD.
La 46ème édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême démarre ce jeudi. Alors que certains salons du livre ont du mal à faire passer la pilule des animations payantes, ce festival cartonne malgré l’augmentation des prix.
J’ai demandé à Elodie et Guillaume, grands amateurs de bande dessinée, leur témoignage. Je les remercie chaleureusement pour tous ces détails.

Depuis combien de temps participez vous au festival d’Angoulême ? Nous participons au FIBD chaque année depuis 2015, ce sera donc notre cinquième édition. Lire la suite