couverture Tombée des nues

Tombée des nues, de Violaine Bérot

Ce texte, étonnant par sa construction narrative et profondément bouleversant par le thème qu’il aborde, m’a laissée sans voix. J’ai suivi la recommandation de l’autrice en le lisant dans l’ordre des numéros, ce qui m’a permis de me laisser porter par les voix successives de chaque personnage.

Ce roman, qui nous plonge dans le déni de grossesse et explore la maternité à travers les points de vue des protagonistes gravitant autour de la parturiente, m’a profondément troublée. Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec Le Papier peint jaune de Charlotte Perkins Gilman, qui aborde la psychose puerpérale, un trouble psychiatrique rare et grave survenant généralement dans les jours ou les semaines suivant l’accouchement.

Dans ce texte percutant, Violaine Bérot explore la maternité dans toute sa complexité. Elle interroge les représentations idéalisées de la mère, le mythe d’un lien immédiat et instinctif avec l’enfant, ainsi que les projections de l’entourage et les silences qui peuvent entourer la naissance. À travers une écriture vibrante et sensible, elle dépeint une maternité plurielle, traversée de doutes, d’ambivalences et d’émotions parfois déroutantes.
Un livre à lire, absolument.

Pauline, mars 2026

Tombée des nues, Violaine Bérot, 2018 pour Buchet-Chastel et 2025 pour le Livre de Poche.

Quoi offrir pour Noël ? Les conseils des Liseuses de Bordeaux

Pauline vous propose A quoi songent-ils, ceux que le sommeil fuit ? de Gaëlle Josse

Gaëlle Josse nous offre un dixième roman d’ une infinie douceur. Construit sous forme de recueils de vies d’hommes et de femmes que le sommeil a fui, elle explore la part fragile et humaine en chacun d’eux. Écrit avec une grande sensibilité, les portraits de ces personnes qui se confient à la nuit sont sincères, tendres et bouleversants. On se retrouve un peu dans chacun et l’émotion est au rendez-vous.

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Les ombres blanches de Dominique Fortier

Qu’y a-t-il après la mort ? Que devient-on ? Que reste-t-il de nous ?

Ces questions, Emily Dickinson n’a cessé de se les poser toute sa vie et dès son plus jeune âge. Faisant face à de nombreux deuils, la « menace grandissante » de la mort l’a tourmentée jusque dans ses poèmes.

« Elle est morte- c’est ainsi qu’elle est morte ;

Quand elle n’a plus eu de souffle,

A ramassé ses vêtements

Et est partie vers le soleil »

Emily est décédée à 55 ans, en ayant publié seulement une douzaine de poèmes de son vivant.

Les ombres blanches fait référence aux proches de la défunte et notamment aux quatre femmes qui ont eu un rôle majeur dans la reconnaissance du travail d’Emily Dickinson telle que nous le connaissons aujourd’hui.

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Perséphone de Benjamin Carteret

« Fille de Terre, 

Gardienne, Feu, 

Relève-toi. Tu dois te dresser

 D’une posture royale, fière, sacrée,

Dans la plaine où Terre autrefois féconde

A accouché du monde. Que naisse

La Reine Perséphone. Ton

Royaume s’ouvre

A Toi. »

Quoi de mieux qu’un champ de coquelicots pour y apposer la couverture de ce superbe primo-roman. Les connaisseurs y verront l’emblème de la déesse du printemps, la célèbre Perséphone.

Connaissez-vous son mythe ? Cette jeune déesse chthonienne grecque, nommée Koré, née des liaisons incestueuses de Déméter et Zeus, deviendra Perséphone, reine des enfers en épousant le non moins célèbre Aidoneus (Hadès). Les saisons étant régulées par Déméter, quand sa fille disparait dans les enfers après son enlèvement par Hadès, un long hiver s’installe sur la Terre. Le retour de Perséphone auprès de sa mère annonce le retour du printemps.

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