La maison vide, de Laurent Mauvignier

La lecture de La maison vide de Laurent Mauvignier en octobre dernier a été pour moi un véritable coup de cœur qui s’est poursuivi tout au long des 740 pages du roman.
Coup de cœur qui semble amplement partagé puisque le roman a suscité dans les médias de nombreuses réactions positives et qu’il a obtenu le prix Goncourt en novembre.

Alors, pourquoi un tel emballement pour cette Maison vide ?

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Ecrire à l’ère de Trump – Festival international du livre et du film de Saint-Malo

En quoi la présidence de D. Trump marque-t-elle la littérature de notre époque ?
Cette problématique, naturellement attendue par le public car elle s’inscrit dans une actualité politique et culturelle américaine très médiatisée, est soumise au témoignage de trois écrivains américains : Stephen Markley (Le déluge), Lauren Groff (Les terres indomptées) et Mateo Askaripour (Tous les invisibles) dans le cadre du festival de Saint-Malo Etonnants voyageurs. Si tant est, bien sûr, comme le fait remarquer habilement le médiateur, que le nom de Trump puisse à lui seul définir l’époque actuelle.
Lauren Groff réagit avec force à cette remarque : « Il n’est pas question que Trump colonise ma pensée comme lors de son premier mandat ! » A l’époque, les institutions jouaient leur rôle et pouvaient opposer une résistance. Aujourd’hui, « il est l’institution ». Lui et son système détricotent la démocratie américaine en faisant pression sur la justice, la culture, l’administration, les médias et l’enseignement. Mais il ne leur enlèvera pas la liberté de penser qu’il existe un monde meilleur.
Matéo Askaripour fait remarquer que ce mandat aura un terme qu’ils doivent attendre sans se décourager, hors de question qu’il les privent de leur joie de vivre, sans cela, ça voudrait dire qu’il a gagné ! Stephen M. acquiesce, nous assistons à une déferlante avec une concentration de la puissance économique autour du pouvoir politique ; une poignée de psychopathes fait la loi dans un climat de peur. Lucide, il ajoute que Trump n’est pas le problème en soi, il est le symptôme de quelque chose de sous-jacent.

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Les terres indomptées de Lauren Groff

Les terres indomptées, de l’écrivaine américaine Lauren Groff, est à la fois un roman d’aventures, une fable écologique et féministe, une fiction historique. 

 Le grand intérêt du roman réside avant tout dans l’écriture magnifique et dense, nourrie de métaphores, qui emprunte son rythme et certaines tournures à la langue anglaise du 17e siècle, la langue de Shakespeare. Texte remarquablement traduit par la traductrice Carine Chichereau qui s’est particulièrement attachée à la musique du texte de Lauren Groff pour l’exprimer en français. C’est une langue propre à jeter des ponts entre réalité et surnaturel. Elle donne vie à l’imaginaire et traduit la symbiose entre les différentes formes du vivant. 

 Transporté par cette langue pleine de vitalité, le lecteur accompagne, tout au long des 250 pages du roman, une jeune fille dans sa course éperdue. Pour échapper à la violence des hommes, celle-ci s’est engagée dans une contrée sauvage où se déploie une nature écrasante et inviolée, juste peuplée ici et là par quelques tribus indigènes, le peuple de ces lieux, qui y ont trouvé leur place.  

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Long Island de Colm Toibin

J’ai découvert il y a peu de temps l’auteur irlandais Colm Toibin. Son roman Long Island dont la jaquette a attiré mon regard, est le dernier opus d’une importante production littéraire. Dès la page 3, l’intrigue est lancée : quelques paroles adressées par un inconnu à Eilis, le personnage principal de l’histoire, vont jeter un pavé dans la mare de la vie bien ordonnée d’une famille américaine de Long Island.

Il a tout réparé chez nous. Il a même fait un peu plus que ce qui était précisé dans le devis. A vrai dire, il est revenu régulièrement à des moments où il savait que la maîtresse de maison serait là et pas moi. Et il a fait un boulot de plomberie si efficace qu’elle va avoir un bébé en août.

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