La solitude des nombres premiers

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Il s’agit du premier roman de l’auteur qui l’a écrit à 26 ans.

C’est l’histoire de deux solitudes. Leur rencontre peut être illustrée par une formule mathématique. Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et eux-même. Certains possèdent un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.

Mattia, surdoué et génie de mathématique, est traumatisé par la disparition de sa soeur jumelle dont il se sent responsable.
Alice est anorexique , handicapée d’une jambe à la suite d’un accident de ski.
Ils se rencontrent au lycée. Aucun n’est intégré au groupe.
Ils se comprennent sans trop se parler, mais aucun d’entre eux n’arrive à mener une vie dite normale. Lui se plonge dans les maths, elle dans la photo et ils vivent ainsi dans le monde qu’ils se sont créé. La vie les éloigne l’un de l’autre, puis les fait se retrouver plus tard sans que rien n’ait vraiment changé.
Le climat de ce roman est noir et froid, mais les émotions passent quand même sans qu’on tombe jamais dans le mélo.

Marie-France

Solaire

Ian McEwan

Gallimard, 2011

Ian McEwan est un écrivain anglais, connu en France pour d’autres romans comme : Expiation, Délire d’amour, Samedi…

Son univers romanesque est toujours un peu angoissant. Dans ses oeuvres, il s’interroge aussi sur les grands problèmes du monde moderne.

Quand on lit Solaire, on peut se demander s’il s’agit d’un roman sur le réchauffement climatique et les énergies propres. Ou bien si c’est un roman scientifique qui expose différentes théories de physique. L’ensemble est en effet très bien documenté, parfois même un peu ardu.
En fait, toutes ces questions servent de toile de fond aux aventures et mésaventures rocambolesques du personnage principal. Solaire est un roman comique qui met en scène MICHAEL BEARD, ancien Nobel de physique qui n’a plus rien fait depuis qu’il a obtenu le prix et vit sur sa réputation. C’est un homme vieillissant, chauve et corpulent, égocentrique, attaché à ses petites habitudes, hypocrite, cynique et opportuniste; la liste n’est pas close… Ce personnage peu sympathique est un horrible coureur de jupons et semble avoir a priori la faveur des femmes.
L’intrigue est cocasse : marié cinq fois, M  Beard a trompé toutes ses femmes, la cinquième le trompe de retour avec un maçon pas commode. Beard est nommé directeur d’un centre de recherches sur les énergies renouvelables.Lire la suite »

La fille du fossoyeur

C.J. Oates est née en 1938. C’est une auteure américaine très féconde qui sort un livre par an (Les Chutes: prix Femina en 2005).

Dans ce roman, Oates dresse un portrait de femme, comme elle le fait souvent : victimes soumises au bon vouloir des hommes (autorité du père; domination sexuelle des hommes ), ballotées dans les tourmentes politiques, forcées de s’adapter aux circonstances économiques. Mais cette «fille du fossoyeur» va à sa manière prendre son destin en main et accepter d’aller vers ce qui est bon pour elle et respecte sa dignité.
«J’ai su alors qu’un homme pouvait aimer… Un homme peut être bon. Il n’est pas forcé de vous faire du mal.»
Rebecca est la fille de juifs allemands qui fuient le régime nazi et se réfugient dans une petite ville américaine.R est à la limite de deux mondes, elle naît en 1936 sur le bateau qui entre dans le port de New-York. Américaine donc. Lire la suite »