Que font les rennes après Noël

de Olivia Rosenthal

2011, Editions Verticales

Autre récit d’émancipation ou comment s’affranchir du désir parental, du conforme et de la norme. La force de ce récit à teneur autobiographique tient à la singularité de la forme littéraire créée par Olivia Rosenthal. Un ton décalé, distancié et rationnel, qui dans un premier temps déconcerte le lecteur pour, finalement, l’amener à ressentir l’impitoyable machine à écraser le désir que constitue la plupart de nos éducations…..Parfois cruellement drôle ….Un roman édifiant couronné cette année par le prix du Livre Inter.

Hélène

Le chagrin

de Lionel Duroy

J’ai lu, mai 2011

Je n’avais jamais lu Lionel Duroy mais je croisais régulièrement son nom et ses titres dans des articles de presse. La perspective des vacances me fit chercher un roman bien dense, je choisis « Le chagrin », 734 pages dont je ne savais rien. A peine la lecture entamée, me voici happée par un récit autobiographique tellement extraordinaire que j’ai dû à plusieurs reprises me rappeler que les personnages et les situations rapportés par l’auteur avaient réellement existés !

De la naissance de l’auteur au sein d’une famille qui comptera jusqu’à 11 enfants jusqu’à l’acte d’émancipation final, le récit rend compte du combat acharné pour exister  ….ou comment se libérer des liens du sang. Magistral  et poignant !

Hélène

Marin mon cœur

de Eugène Savitzkaya

Les Editions de Minuit, 2010

Attention petit bijou ! 95 pages sous-titrées « Roman en mille chapitres dont les neuf dixièmes sont perdus » écrites par un père, le poète et romancier Eugène Savitzkaya, découvrant son premier-né, Marin. Fascination du géant pour les prodiges qu’accomplit le petit nain qui déjà prend ses aises et son autonomie.

Petit aperçu ( page 91) : « Le lion Marin secoue sa crinière dont la poussière monte devant le soleil. Chaque événement du jour lui prouve qu’il est bien le lion de la ménagerie. Les oiseaux s’envolent à son approche, les chats le craignent qui pourtant n’ont peur de rien et les chiens les plus calmes grognent sur son passage. »

Hélène

Des éclairs

de Jean Echenoz

Editions de Minuit, 2010

Il s’agit de la biographie fictive inspirée de la vie de l’ingénieur d’origine serbe Nikola Tesla (1856-1943) dont les travaux portèrent sur l’énergie électrique et les transmissions (considéré comme le créateur de la radiodiffusion). Surdoué, il parle sept langues, possède 14 doctorats, a déposé 900 brevets d’invention. Il émigre aux Etats-Unis à l’âge de 28 ans pour rejoindre l’entreprise de Thomas Edison.
On suit sa carrière fantasque, souriant de se troubles obsessionnels compulsifs et de sa seule passion avérée… des pigeons.
Ce roman s’inscrit dans une série de trois (avec Ravel et Courir). Ecriture distanciée d’Echenoz qui emmène le lecteur du réel au fantastique. Ecriture très visuelle, cinématographique, qui laisse beaucoup de traces dans la mémoire du lecteur. C’est aussi la découverte d’une époque, celle de l’industrie naissante aux Etats-Unis sur fond de prohibition.

Hélène