La moustache, d’Emmanuel Carrère

Tout démarre bêtement, simplement. Bête et simple comme l’est le quotidien. Dans ce quotidien, un homme que l’on devine plutôt aisé, ayant réussi, avec une belle carrière, une femme, des amis, décide de céder à l’envie d’un petit changement, presque un caprice : raser la moustache qu’il porte pratiquement depuis toujours. Nous partageons ses premières impressions, ses interrogations aussi sur ce qui constitue l’identité de quelqu’un. Jusqu’à quel point sa moustache fait-elle partie de son identité depuis le temps qu’il la porte ? Que va-t-on penser de lui sans, trouvera-t-on ça amusant, inesthétique, ridicule, plaira-t-il encore à sa femme ?

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Je suis Romane Monnier, Delphine de Vigan

Quel type de rapport au monde et aux autres crée le fait de détenir, de consulter et d’échanger en permanence à partir de nos téléphones portables ? En quoi ce moyen de communication a transformé structurellement notre façon de communiquer, d’observer, de regarder les autres et de nous regarder nous-mêmes ?

Nos téléphones portables disent beaucoup de nous, de nos désirs, de nos quêtes, de nos peurs, de nos limites aussi. Que tout passe dorénavant par ce filtre en constitue une de limite, devenue indépassable, source d’asservissement, de coloration immédiate de toute chose. Nos téléphones nous imposent une forme, un rythme, une temporalité, une façon de nous exprimer et donc de penser, une façon de faire certains choix aussi (ne parle-t-on pas d’objets, de lieux, d’évènements «instagrammables» ?).

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Quatre jours sans ma mère, de Ramsès Kefi

Il y a ce que j’ai aimé dans ce roman et dont vous parleront les très bonnes critiques qu’il a reçues : ce roman est drôle, fin, tendre, juste… Les personnages y existent de manière manifeste et crèvent chaque page, le père Hédi, la mère Amani, le fils Salmane qui nous pilote dans l’histoire, le pote Archie, d’autres encore et « La Caverne », ce lieu où ils vivent et où l’on vit avec eux, parcourant tous ses recoins en soi sinistres, moroses mais ce n’est pas avec cet œil-là qu’on les parcourt. La Caverne, 7 tours HLM dotées de noms d’oiseaux plantées à l’orée d’une forêt certes mais relayées par un seul bus qui s’arrête loin avec à proximité un supermarché qui a fermé et dont Le Parking, personnage lui aussi à part entière du roman, est squatté.

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