L’Escale du Livre lance son prix littéraire

L’Escale du livre lance le Prix des Lecteurs – Escale du livre, en partenariat avec sept médiathèques de l’agglomération bordelaise, Bègles, Blanquefort, Bordeaux (Grand-Parc, Meriadeck, Saint Michel/Capucins) Pessac et Talence.
À travers cet événement, les organisateurs souhaitent faire découvrir cinq écrivains contemporains de langue française, favoriser les rencontres et les échanges entre lecteurs, auteurs et professionnels du livre.Lire la suite »

Esprit d’hiver, es-tu là ?

esprithiverAvec Esprit d’hiver, Laura Kasischke signe un huis-clos angoissant et poétique, glaçant et doux.

Holly se prépare à recevoir sa belle-famille et ses amis pour fêter Noël. Mais les préparatifs de cette journée unique dans l’année dérapent un à un, inexorablement, depuis le réveil trop tardif pour permettre une organisation sereine, jusqu’à la défection des invités pour cause de maladie ou de tempête. Car le blizzard est de la partie, comme toujours chez Kasischke, qui isole Holly et sa fille Tatiana dans leur maison, qui glace les relations extérieures et crée les conditions propices au huis-clos. Lire la suite »

Hommage à Jean-Luc Benoziglio

L’auteur suisse Jean-Luc Benoziglio nous a quitté jeudi. En hommage à cet auteur discret, nous publions ici une note de lecture que nous avions rédigée sur son roman Louis Capet, suite et fin (Seuil, 2005). « Depuis qu’était tombée la nouvelle que le roi avait échappé à la guillotine, grogne et agitation populaires n’avaient cessé d’enfler  ». […]

Au revoir là-haut : on aime, on n’aime pas

Les Liseuses donnent leur avis sur ce livre nominé au Prix des Lecteurs-Escale du Livre.
lemaitre

ON AIME

Avant même l’obtention du prix Goncourt, plusieurs critiques m’avaient donné envie de lire ce livre. Et je n’ai pas été déçue. Tout y est : une écriture fine, une analyse profonde des personnages, une histoire passionnante et une trame digne d’un roman policier ( dont l’auteur est issu).

Deux soldats vont se rencontrer sur le champ de bataille à la veille de l’armistice de 1918. Blessés, ils vont se retrouver dépendants l’un de l’autre. Trop abîmés pour un retour à une vie normale et déçus par un Etat qui s’occupe plus des morts que des vivants, ils vont monter une escroquerie d’une ampleur nationale et totalement amorale.
Ce roman est le contraire de ce que j’avais déjà pu lire sur la première guerre mondiale. Il ne glorifie pas ses soldats, n’en fait pas des héros. Les gradés et les traîtres réussissent. Les soldats blessés, tant moralement que physiquement, végètent dans un après-guerre qui n’a pas besoin d’eux et qui surtout n’en veut pas.

Pierre Lemaitre m’a tenue en haleine durant tout son roman. J’ai lu quelque part qu’il écrivait également des scénarios. C’est sans doute pour cela que ce roman est aussi réaliste et rythmé.
Pour moi, un bon Goncourt.

Par Edith

ON N’AIME PAS

Je n’ai pas aimé « Au revoir là-haut »… sans doute parce que j’ai adoré « 14 » d’Echenoz.
Autant j’ai été impressionnée et émue par la concision d’orfèvre du texte d’Echenoz qui en une centaine de pages convoque toute l’horreur et le gâchis de 14/18, autant le style de Pierre Lemaitre m’a irritée.
Pierre Lemaitre ne montre pas, il démontre. Il raconte, il explique, ne laissant au lecteur aucun espace pour se projeter dans les situations vécues par ses personnages.
J’ai lu les 566 pages de son livre sans parvenir à me représenter ni Albert, ni Edouard, ni les décors, ni les atmosphères.
On parle à propos d’ « Au revoir là-haut » de roman naturaliste, d’ambition picaresque. L’écriture est effectivement datée. Il y a du Maurice Leblanc chez Pierre Lemaitre.
On trouve de bonnes idées comme l’arnaque aux monuments aux morts mais l’intrigue est cousue de fil blanc, les rebondissements tirés par les cheveux (ce qui pour un auteur de polars est embêtant).
Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils. Tout ceci fait peut-être un roman mais un Goncourt ?
Au final, ce que je préfère, c’est l’exergue emprunté à Jean Blanchard fusillé pour traîtrise le 4 décembre 1914 et réhabilité le 29 janvier 1921 : « Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse… ».

Par Hélène