Les frères Sisters de Patrick deWitt

Les frères Sisters… En 1851, la seule évocation de leur nom fait frémir ceux qui le prononcent et détaler ceux qui l’entendent. Engagés par le Commodore, ces tueurs professionnels à la sinistre réputation chevauchent de l’Oregon à la Californie, traquant un chercheur d’or du nom de Hermann Kermit Warm.

Eli et Charlie Sisters forment une fratrie bien étrange, tant ils sont dissemblables. Charlie agit de sang-froid, aime l’alcool et les femmes et n’a qu’une idée en tête : tuer ce chercheur d’or pour empocher le magot promis par le Commodore. Plus circonspect, Eli est le suiveur, le frère un peu naïf, fleur bleue et philosophe à ses heures. Il tue à la perfection, mais parfois avec remords et hésitations. C’est à travers lui que Patrick deWitt choisit de raconter cette chevauchée meurtrière et impitoyable, apportant à ce récit une dimension singulière, parfois drôle, parfois poétique, un supplément d’âme.

Grands espaces de l’Ouest américain, chercheurs d’or, duels, putains, ours, Indiens, et du sang, beaucoup de sang… Patrick deWitt joue avec les codes du western, n’hésitant pas à le parodier.

Un vrai régal de lecture.

Marisa, 17 septembre 2018

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No country for old men

cormacLe titre de ce post aurait pu être Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme., comme le traduisent les Editions de l’Olivier, mais je trouve ce titre tellement mauvais que je préfère revenir à l’original.

Nous avions déjà discuté du célébrissime roman de McCarthy La route, couronné par le prix Pulizer en 2007, l’année même où sort l’adaptation de ce roman, No country for old men. Là encore, le regard porté sur la condition humaine est assez désespéré.

Alors qu’il chasse l’antilope à la frontière du Mexique, Llewelyn Moss voit aux jumelles des cadavres et des voitures abandonnés en plein désert. Les corps sont criblés de balles, un homme gît à l’agonie, une cargaison d’héroïne remplit un des coffres.  Plus loin, il découvre une serviette en cuir pleine de billets de cent dollars qu’il emporte.
S’ensuit alors une véritable chasse à l’homme. Des trafiquants de drogue, un tueur à gages, un shérif, un ancien officier des Forces spéciales, tous se mettent à la recherche de Moss, pour le protéger ou lui faire la peau.
C’est là que se révèle le talent de McCarthy.  Une écriture brute, sans fioritures. La justesse des dialogues. Ce brin de nostalgie, aussi, lorsque le vieux shérif, le viel homme du titre, se remémore l’Amérique de ses ancêtres. Et le personnage de Chigurh, le tueur à gages, sans conteste notre personnage préféré.

Marisa