Les soeurs de Blackwater

Les soeurs Blackwater de Alyson Hagy

Le contexte historique du récit pourrait se définir comme une dystopie survivaliste. Toutefois, dans mon imagination, l’histoire se situe après une guerre, celle de Sécession par exemple. La situation d’un pays après une telle rupture historique provoque forcément un contexte survivaliste dans lequel s’inscrivent les épidémies que la narratrice évoque.

Dans ce décor, elle brosse le portrait de deux sœurs, dont l’une était guérisseuse et morte au moment du récit. Son souvenir hante la seconde. Celle-ci a un don : elle sait lire et écrire. Ses contemporains l’envient car il n’y a plus grand monde sachant rédiger de belles lettres comme elle. De fait, elle met cette capacité à disposition de ceux qui en ont besoin : un homme lui demande une lettre résumant les étapes de sa vie. Il s’agit pour lui qu’elle aille demander pardon en son nom, dans un lieu prévu à cet effet. Après beaucoup d’hésitation, elle accepte et son périple se transforme en une quête initiatique où elle se découvre et se réconcilie avec elle-même.

C’est une très belle histoire de femme un peu sorcière, un peu chamane qui pense connaître son monde et elle-même. Cette femme n’a pas de nom et ne fait que survivre plutôt que vivre. Accepter de porter la parole d’une personne lui permet de se révéler elle-même et de trouver la force d’aimer. Un très beau texte !

Bérengère, 15 avril 2020

La lettre à Helga

bergsveinn-birgisson-la-lettre-a-helga-liseuses-de-bordeaux« Je laisse mon esprit vagabonder alentour, sur ces mêmes collines qui sentaient bon le soleil, il y a si longtemps. C’est à peu près tout ce que je puis faire à l’heure qu’il est. »

Coup de coeur des libraires édité par Zulma, La lettre à Helga a tout pour plaire. Et tout pour me plaire aussi, puisque son auteur, Bergsveinn Birgisson, est islandais.

Sentant sa mort proche, le vieux Bjarni se confesse dans une lettre adressée à la femme qu’il a aimée il y a plus de soixante ans mais qu’il n’a jamais épousée, Helga.
« Je compris que je ne réussirais jamais à me libérer de ton emprise – j’aurais soif de toi jusqu’à mon dernier souffle. Je ne me fiche pas mal d’écrire cela, Helga; je ne suis qu’un vieillard qui n’a plus rien à perdre. » Lire la suite