Une partie de chasse

Repêché pour vous dans Le Monde des livres du 12 octobre dernier, l’excellent article de Jean Birnbaum dont je vous livre quelques morceaux choisis :

« …Agnès Desarthe entraîne son lecteur dans une battue tragi-comique. On y entend la complainte intérieure d’un lapin qui a eu le malheur de quitter son gîte : « Je suis si petit, si mignon. Quel dommage. L’homme qui me ramasse me ressemble. Nous nous regardons. Son pouce est sur mon cœur qui bat encore. Il pleure. » Mais aussi les mots que Tristan, son bourreau involontaire, murmure pour le réconforter : « petit lapin, tu ne connaîtras jamais la victoire sur l’absurde, celle que nous accomplissons chaque jour, à chaque seconde de notre existence ». Et puis enfin, les grossièretés dont l’abreuvent ses camarades de chasse pour l’intégrer à leur confrérie de mensonges et de vanité…Tristan, voilà un héros pascalien. Profondément inadapté, il n’est nulle part chez lui, et c’est contraint et forcé qu’il finit lui aussi par creuser son terrier, par faire son trou… »

On retrouve dans cet opus d’Agnès Desarthe – dont on aime tous les livres- les phrases courtes, vives, l’humour et la sagesse. Un regard tendre et lucide sur nos contemporains et leurs dérisoires travers.

Hélène

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