Souvenirs dormants


« Paris, pour moi, est semé de fantômes, aussi nombreux que les stations de métro et tous leurs points lumineux, quand il vous arrivait d’appuyer sur les boutons du tableau de correspondances. »

Où s’en vont les visages et les voix des personnes rencontrées dans le passé, lorsqu’elles sont hapées dans le gouffre de l’oubli ?

Inlassablement, Patrick Modiano continue dans Souvenirs dormants son travail d’introspection mémorielle, évoquant le Paris de sa jeunesse. Cette fois, les figures féminines refont surface, fantômes qui hantaient déjà, pour certains, les romans plus anciens de l’auteur.
Les souvenirs fugaces liés à ces femmes surgissent du néant, au détour d’une rue, exhumés devant la façade d’un immeuble, dans un café, ravivés par la lecture d’une dédicace ou d’une note griffonnée à la hâte à l’encre bleue.

Petites bulles de passé éclatant sous l’effet du hasard, ces morceaux de mémoire constituent un magnifique hommage à Paris, lui redonnant un peu de son âme perdue.

Marisa, 4 novembre 2019

D’une seule voix, une collection d’Actes Sud Junior

Je vous propose de découvrir une collection dirigée par Jeanne Benameur et Claire David :
D’une seule voix chez Actes Sud Junior.
Prévues pour les adolescents et les jeunes adultes, ces histoires courtes écrites d’un seul souffle peuvent se lire à n’importe quel âge (et c’est peut-être aussi un moyen pour les parents d’ado de mieux comprendre leurs enfants).
Quoi de mieux pour présenter cette collection que l’Atelier du Trio :
http://atelier-du-trio.net/—– Lire la suite

Sunset Park

de Paul Auster, Actes Sud, 2011

Paul Auster trouve avec ce 18ème roman un nouvel élan, un nouveau souffle, après la mauvaise passe de Dans le scriptorium et Seul dans le noir.  Le personnage principal de ce roman, Miles Heller, quitte famille et études, hanté par la mort accidentelle de son demi-frère, Bobby. Après plusieurs petits boulots, il s’installe en Floride où il vide les maisons saisies aux victimes des subprimes. Par amour pour Pilar, il part se réfugier à Brooklyn dans une maison abandonnée qu’il partage avec d’autres squatteurs. Amérique de l’après 11 septembre, personnages en marge d’une société fragilisée par la crise financière, Paul Auster-le-mélancolique décrit une jeunesse en désillusion, sans repères dans l’époque qui est la nôtre.
Un très beau livre servi par la très belle traduction de Christine le Boeuf.

A écouter : Paul Auster lit un extrait de Sunset Park


Par Marisa