Le passager, de Cormac McCarthy

Ce roman publié par Cormac McCarthy seize ans après son dernier livre, et juste avant Stella Maris, est tel la somme d’un tout qui n’est pas toujours identifiable tant de directions et de pistes sont empruntées sans qu’aucune ne soit véritablement nommée ni refermée. Bobby Western traverse littéralement cette « somme ». Il est à l’intersection de chaque morceau d’histoire qui se tisse autour de lui sans que jamais il ne parvienne à y adhérer vraiment. Quel nom déjà : « Bobby Western » ! Un nom de lonesome cowboy et c’est bien ainsi qu’il apparaît au lecteur, ombre de lui-même depuis qu’il a perdu sa sœur qu’il s’est empêché d’aimer d’un amour total, transcendant les liens fraternels. On ne voit en effet pour ainsi dire de lui durant tout le roman que l’ombre derrière laquelle Cormac McCarthy l’abrite comme pour lui épargner un surplus de réalité qui n’a plus aucune résonance pour lui.

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Têtes hautes, de Cathy Ytak

J’avoue : si on me met un livre de Cathy Ytak entre les mains, j’y vais sans réfléchir. L’avantage de la connaître un peu et de beaucoup l’apprécier. Et si en plus ça parle de lutte féministe à une époque (nous sommes en 1924) où les femmes n’avaient pas leur mot à dire : alors j’y vais franco !

Têtes hautes pour parler de jeunes filles vivant en Bretagne, et qui « dès qu’elles sont en âge de porter une coiffe » vont travailler sans compter leurs heures dans une conserverie. C’est le cas de deux sœurs : Yarik et Angèle. Têtes hautes pour parler également d’Irina et de ses filles, Carol et Suzanne. Elles sont bourgeoises, vivent à Paris, n’ont pas de souci pour manger ou s’habiller, mais elles ont aussi, à leur manière, un grand besoin d’indépendance. Que ce soit par la volonté de travailler comme un homme, la façon de s’habiller ou le refus d’épouser un bon parti, elles veulent être libres de leurs choix. Alors qu’Angèle doit partir travailler à Paris au service d’Irina comme domestique, Yarig s’engage avec les autres penn sardin dans une grève pour qu’elles cessent d’être exploitées.

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Rencontre littéraire avec Chadia Chaïbi-Loueslati

Jeudi 1 juin, 18h30, il fait très beau à Bordeaux et une vingtaine de personnes sont présentes dans une jolie arrière salle du salon de thé Chat noir cha vert. L’Institut des Afriques et le cercle des Lettres Afro-caribéennes y ont organisé une rencontre littéraire, animée par l’écrivaine Beata Umubyeyi Mairesse, avec l’autrice et illustratrice Chadia Chaïbi-Loueslati.

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Une farouche liberté : Gisèle Halimi, la cause des femmes

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » disait Paul Eluard.

C’est ainsi, en flânant chez Mollat par un samedi ensoleillé que je tombe sur la séance de dédicace du nouveau roman graphique d’Annick Cojean et Sophie Couturier : Une farouche liberté. Gisèle Halimi, la cause des femmes. En amoureuse des romans graphiques et biographiques, j’avais mis ce livre dans ma whishlist depuis un certain temps. Le hasard a décidé de précipiter les choses. Je me suis ainsi dirigée vers « le bureau d’une légende », représenté par Sophie Couturier (la co-scénariste du roman avec Annick Cojean) et Sandrine Revel (l’illustratrice). Lors de notre échange, Sophie Couturier, qui a été bénévole dans l’association Choisir durant deux années et a pu côtoyer Gisèle Halimi, m’a raconté quelques anecdotes de la vie de cette femme hors du commun. Sophie Couturier, personne très accessible et passionnée par son travail a fini de me convaincre que je tenais une pépite littéraire entre mes mains.

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