La femme au Dragon Rouge, de J.R. dos Santos

Découvert et édité en France par les éditions Hervé Chopin, J.R. Dos Santos est un ancien reporter de guerre. Journaliste, il est depuis de nombreuses années le présentateur vedette du 20H au Portugal. Ecrivain, il est connu dans le monde entier avec la saga Tomas Noronha, cet éminent professeur d’histoire spécialisé en cryptologie dont on suit les aventures qui servent toujours le même but : remettre en cause une vérité préétablie. Ce qui fait la force des romans de J.R. Dos Santos, c’est l’énorme travail de recherche, d’analyse d’une situation derrière chacun de ses romans.

Et c’est justement l’aspect géopolitique de son dernier thriller érudit qui m’a intéressé. Dans « La femme au dragon rouge » nous suivons deux intrigues en parallèle qui finissent par se croiser. D’une part Tomas Noronha doit retrouver sa compagne enlevée en Inde avec une mystérieuse femme au voile noir. D’autre part, nous découvrons une jeune Ouïghour en Chine, dans la région du Xinjiang, où les Hans forment la majorité ethnique. A travers elle, nous suivons le plus grand système de censure, de surveillance et de contrôle de la population au monde avec des violations massives de la vie privée et des droits des personnes. Installant des caméras dans chaque rue, mais également dans les logements des minorités ethniques, la surveillance devient aussi normale que l’air qu’on respire. Puis, c’est l’atrocité des Laogai, ces camps de concentration soit disant crées par le parti communiste chinois pour prévenir l’extrémisme, le terrorisme et le séparatisme, qui sont décrits.

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Tarentule d’Eduardo Halfon : prix Médicis Etranger 2024

« Ils nous ont réveillés en criant. Nous étions couchés sur nos lits de camps dans l’immense tente verte. Pas un des douze ne se risquait à ouvrir la bouche. Pas un n’osait bouger dans son sac de couchage. J’ai tourné la tête dans le lit d’à côté. Dans la lumière opaque de l’aube, j’ai trouvé le visage de mon frère qui, lui aussi, me contemplait, m’interrogeant du regard sur ce qui se passait dehors, ce que signifiait tous ces cris…Quelqu’un s’approchait de notre tente… Sur le seuil se dressait la silhouette de Samuel Blum, notre instructeur, notre ami et protecteur inconditionnel, mais à présent vêtu d’un uniforme noir, une matraque à la main, éructant des cris et des ordres qu’aucun enfant allongé-là ne comprenait. Sur son bras gauche- il m’a fallu un moment pour m’en rendre compte-marchait une énorme tarentule. »

Ce qui m’a en premier lieu attirée vers ce livre, c’est cette couverture. Ce jeune enfant casqué, au garde à vous et tenant une arme aussi haute que lui, ça dérange. Il a ce regard dur et défiant d’un être qui a vu et vécu des choses trop difficiles pour son âge. Il m’a saisie quand je suis passée devant le rayonnage, et m’a surtout interrogée. J’ai eu besoin d’en savoir plus, j’ai acheté ce livre de cet auteur que je ne connaissais pas et je ne l’ai pas lâché. Un livre qui mérite selon moi l’honneur qui lui a été fait.

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Les éditions Hervé Chopin ont fêté leurs 30 ans cette année

Les éditions Hervé Chopin fêtent leurs 20 et 30 ans. En effet, Hervé Chopin a commencé son activité d’éditeur à 22 ans tout en ayant une autre activité alimentaire à côté. Puis 10 ans plus tard, sous l’impulsion de son épouse, Isabelle, ils ont décidé de consacrer 100 % de leur temps à ce métier.

Une belle occasion pour les rencontrer et savoir un peu mieux comment fonctionne une maison d’édition indépendante.

Hervé Chopin, qui était collectionneur de cartes postales, a commencé avec une collection d’illustrés : Images d’antan.

L’idée est de faire un voyage dans le temps à la belle époque, qui est la période phare de la carte postale. C’est une collection qui continue à exister car elle fonctionne bien. Un texte historique, informatif et accessible qui répond aux questions que peuvent poser les cartes postales. Il existe environ 130 parutions, et comme cela marche bien nous avons ouvert d’autres collections sur le patrimoine et la culture, des monographies de peintres, d’artistes, designers, sur les monuments historiques des différents départements.

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Camille va aux anniversaires d’Isabelle Boissard

C’est après avoir lu La petite bonne de Bérénice Pichat, chaudement recommandé par Pauline il y a quelques semaines de cela, que je me suis intéressée à la toute récente maison d’édition Les Avrils (2020) et qu’en flânant sur leur site Internet, je suis tombée sur Camille va aux anniversaires d’Isabelle Boissard. Ce qui m’a immensément plu déjà en parcourant ce site est que chaque roman publié par cette maison y est présenté avec « l’intention de l’auteur » décrite en quelques lignes. Et l’intention d’Isabelle Boissard m’a donné envie de découvrir ce roman dont je ne résiste pas à vous livrer tout de suite un extrait qui en donne le ton :

« Comme il y a des scènes de la vie conjugale, il y a des scènes de la vie amicale. On ne fait pas de thérapie entre amis et pourtant. En amitié aussi, il y a ceux qui aiment plus, qui donnent plus, ceux qui sont bourreaux, ceux qui sont victimes, il y a ceux qui gagnent, ceux qui perdent, ceux qui admirent, ceux qui sont admirés. Le problème avec l’amitié, c’est le polyamour. »

Dit autrement, Isabelle Boissard prend résolument dans ce roman le point de vue du satiriste qui va nous chercher jusque dans nos derniers retranchements et quel meilleur dernier retranchement que l’amitié ? Si ce rempart cède aussi, autant dire que la nappe est embarquée avec les couverts et qu’il n’y a plus de saint auquel se vouer… Précisément, ce à quoi nous confronte I. Boissard au travers du personnage de Camille, c’est que même en amitié, la compétition, la performance, le narcissisme sont là, tapis dans une ombre plus claire qu’obscure, prêts à nous donner dans ce domaine aussi une bien piètre image de nous-mêmes. Piètre mais tellement juste et drôle. En somme, que ce soit en amour ou en amitié, I. Boissard nous montre que l’autre reste désespérément celui dont

« …. on attend une validation, une réponse à la question « qu’est-ce que je vaux ? »

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