Séance inaugurale au Festival Etonnants voyageurs sur le thème « Un air de liberté »

Autour de la table ronde : Paul LYNCH, Leïla SLIMANI, Lauren GROFF, Djamila RIBEIRO. Modeste capture d’échanges très nourris sur le thème de la liberté, en toute subjectivité…

Paul LYNCH présentait son dernier roman Le Chant du prophète lors du festival et ce fut l’occasion pour lui de livrer l’intention qui y a présidé : « montrer ce que l’on prend pour acquis : la civilisation, la liberté », montrer la « fausseté dangereuse » de cette croyance, de cette incroyable méprise.

Lire la suite »
photo de la rencontre au théâtre Chateaubriand de Saint-Malo : la réalisatrice Eliza Levy et l'anthropologue Philippe Descola.

Descola, le naturalisme et la mouette voleuse de kouignamann

De retour du festival Étonnants voyageurs auquel j’ai eu la joie de me rendre en compagnie des Liseuses de Bordeaux, les images bouillonnantes remontent à la surface (ce fut intense !), accompagnées des odeurs de mer et de crêpes saucisses mêlées, le souvenir de lectures bien vivantes par les auteurs présents (Lola Lafon, Paul Lynch…), les sons épars de paroles entendues ici ou là, qu’il s’agisse de commentaires émerveillés à la suite d’une rencontre passionnante ou de l’agacement, pour ne pas dire la colère de certains festivaliers s’étant vus refuser l’entrée à un événement tant convoité, malgré de longues files d’attente…

Parmi les temps forts de ce festival auxquels j’ai eu la chance de participer, il y a eu, le dimanche matin, la projection du documentaire Composer les mondes d’Eliza Lévy, dont la caméra suit les tribulations d’étranges animaux nocturnes, et, sans transition, Philippe Descola et Anne-Christine Taylor, sa femme, ethnologues tous les deux, à la rencontre d’habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Lire la suite »

Tous les silences ne font pas le même bruit de Baptiste Beaulieu

C’est beau un homme quand même. Un homme, un vrai. Un homme comme Baptiste Beaulieu qui respecte les femmes, qui les soutient parce qu’il les voit dans son cabinet, il les entend.

« Ma femme est en pleine ménopause. Elle est de mauvaise humeur. J’ai droit à rien, même pas à une petite caresse de dépannage de temps en temps ». Sa femme se débat avec les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur, le moral en berne, le maelström hormonal, et lui en bon gros mâle pourri gâté, il boude parce qu’il n’a même pas droit à ses caresses « de dépannage ».
Alors oui, tu le sais, on te dira « pas tous les hommes », comme si tu ignorais ce qu’est une généralisation abusive ! Et bien tu t’en fous : tant qu’il restera un seul pourri, il en sera de la responsabilité des autres de l’écarter, le temps qu’on lui inculque ce qu’il faut de respect et de dignité. Albert Camus disait « un homme ça s’empêche ».

Ce médecin, chroniqueur sur France Inter, qui ose dire les inégalités, les injustices, est aussi un écrivain. Alors lisez le, et en particulier Tous les silences ne font pas le même bruit. Il nous parle de sexualité, de toutes les sexualités mais surtout d’amour entre les êtres, quel que soit leur sexe. Nous vivons dans une société où nos identités sont politiques.

Lire la suite »

Les ombres blanches de Dominique Fortier

Qu’y a-t-il après la mort ? Que devient-on ? Que reste-t-il de nous ?

Ces questions, Emily Dickinson n’a cessé de se les poser toute sa vie et dès son plus jeune âge. Faisant face à de nombreux deuils, la « menace grandissante » de la mort l’a tourmentée jusque dans ses poèmes.

« Elle est morte- c’est ainsi qu’elle est morte ;

Quand elle n’a plus eu de souffle,

A ramassé ses vêtements

Et est partie vers le soleil »

Emily est décédée à 55 ans, en ayant publié seulement une douzaine de poèmes de son vivant.

Les ombres blanches fait référence aux proches de la défunte et notamment aux quatre femmes qui ont eu un rôle majeur dans la reconnaissance du travail d’Emily Dickinson telle que nous le connaissons aujourd’hui.

Lire la suite »