« Prendre soin au milieu du chaos : l’invention des possibles » Festival Etonnants voyageurs

Autour de la table ronde : Jean HEGLAND, Rodrigo BLANCO CALDERON, Yara EL-GHADBAN

Parmi les personnages principaux des derniers romans de ces trois auteurs : la forêt (Jean HEGLAND, Le temps d’après), des flamants roses (Yara EL-GHADBAN, La danse des flamants roses), des chiens abandonnés (Rodrigo BLANCO CALDERON, De l’amour des chiens).

Ils se déroulent dans des contextes d’atteinte de bout du monde, d’un monde contraint à se réinventer, contextes post-apocalyptiques ou presque même si l’on ne sait pas toujours en quoi a consisté l’Apocalypse. Au Vénézuela dont est natif R. Blanco Calderon, ce sont 9 millions de compatriotes qui ont quitté le pays rappelle-t-il, avec pour conséquence l’abandon d’un nombre considérable d’animaux domestiques et le projet d’ouvrir une improbable fondation pour les prendre en charge. L’occasion pour R. Blanco Calderon de faire référence à la magnifique citation d’une poétesse uruguayenne dont je n’ai malheureusement pas réussi à prendre le nom à la volée :

Puisque tu n’es à l’abri de rien, essaie toi-même de sauver quelque chose.

C’est bien de cela dont il s’agit dans ces trois romans, de sauver ce qui peut l’être, et plus encore de nouer des liens jusque-là inconnus, jamais expérimentés, avec la forêt devenue unique ressource et rempart contre les dangers, avec le monde animal, avec le vivant de manière plus générale, et avec les autres hommes dans un cadre d’existence intégralement transformé. Y. El-Ghadban voulait ainsi faire du territoire palestinien le lieu du début d’une autre histoire, rappelant au passage la force inépuisable de l’espoir à ses yeux :

Si l’espoir n’était pas si puissant, il n’y aurait pas tant de tentatives de le tuer.

Comme elle le dit, ce n’est rien de moins qu’une utopie qu’il s’agissait pour elle d’écrire.

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Séance inaugurale au Festival Etonnants voyageurs sur le thème « Un air de liberté »

Autour de la table ronde : Paul LYNCH, Leïla SLIMANI, Lauren GROFF, Djamila RIBEIRO. Modeste capture d’échanges très nourris sur le thème de la liberté, en toute subjectivité…

Paul LYNCH présentait son dernier roman Le Chant du prophète lors du festival et ce fut l’occasion pour lui de livrer l’intention qui y a présidé : « montrer ce que l’on prend pour acquis : la civilisation, la liberté », montrer la « fausseté dangereuse » de cette croyance, de cette incroyable méprise.

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Intérieur nuit de Nicolas Demorand

A ceux qui se sont réveillés à 7h20 le mercredi 26 mars dernier avec la voix de Nicolas Demorand et aux autres (podcast accessible) !

En 80 secondes, selon un rituel établi, moment de partage entre lui et les auditeurs d’Inter mais cette fois, son sujet n’est pas une série TV qui l’a captivé ou un roman américain qui l’a ébloui mais sa bipolarité.

C’est tout autant inattendu qu’impressionnant de courage, clair, factuel et bourré d’empathie pour les autres, ceux qui souffrent de la même maladie que lui ou d’une autre pathologie mentale.

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La Végétarienne de Han Kang

Un drôle de titre quand même, et à mon sens un titre un peu réducteur… Je l’avoue, cela a contribué au fait que je découvre cette auteure coréenne Prix Nobel de littérature 2024 par Impossibles adieux (Prix Médicis 2023) avant de poursuivre mon exploration de son univers par ce roman-ci. Sont tour à tour convoqués, pour caractériser le style de HAN KANG, prose poétique et réalisme magique ainsi que la figure d’Haruki Murakami. 

Je ne me prononcerais pas sur la comparaison avec Murakami qui à certains égards ne me semble pas si juste mais je ne résiste pas à tracer un parallèle avec son dernier roman, La cité aux murs incertains. Alors qu’il y propose une vision marquante de la frontière entre réel et irréel en disant que oui, cette frontière existe mais qu’elle est incertaine et change constamment à la façon d’un être vivant, la même image s’avère parfaitement appropriée pour résumer la conception de la frontière entre normalité et anormalité qu’Han Kang nous livre dans La végétarienne. La frontière existe certes, mais elle est ténue, labile, mouvante. 

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