Une vie en apnée de Perrine Austry

« Ici le froid gèle les cœurs ».

L’incipit d’Une vie en apnée de Perrine Austry  vous met tout de suite dans l’ambiance. 

Hilde et Katarina sont deux sœurs inséparables vivant en Norvège. Un grave accident plonge la cadette dans d’horribles souffrances. Pour limiter les douleurs et la surmédication, Katarina décide d’utiliser le froid comme thérapie. Elle plonge dans un lac gelé son membre endolori, puis, tout son corps. Cette glace lui apporte un second souffle, ses muscles comme son esprit se détendent. Elle se lance alors un défi : réussir un record du monde en apnée en eau gelée. Sa sœur Hilde est terrifiée mais, tel un ange gardien, elle soutient sa sœur dans cet exploit sportif dangereux. Le noyau familial commence à se couper du monde extérieur.

C’est une apnée pour les personnages de ce roman qui n’arrivent pas à communiquer. Mais ça l’est également pour le lecteur. Perrine Austry ne met aucun dialogue dans la première partie de son roman. Il est écrit à la troisième personne nous mettant ainsi à distance avec les personnages qui nous paraissent inaccessibles. Chacun semble être dans une bulle gelée. Un isolement pour se protéger. L’autrice utilise le champ lexical du froid ainsi que des métaphores autour du monde aquatique, de la respiration.

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La conversation amoureuse, d’Alice Ferney

25 ans. Ce roman d’Alice Ferney est sorti en 2000, il y a 25 ans. Je suis stupéfaite que les questions posées par ce chef d’œuvre soient aussi contemporaines. Pourtant, j’ai lu certaines critiques récentes disant « Heureusement que les choses ont changé ». Non, rien n’a changé. La relation à l’autre est toujours aussi compliquée et chacun fait comme il peut.

Le pitch

Alors que plusieurs couples se retrouvent pour une soirée (les hommes d’un côté à regarder du sport à la TV, et les femmes à manger et à papoter), deux personnes manquent à l’appel : Pauline a prétexté un repas professionnel laissant son mari rejoindre les autres et Gilles ne souhaite pas aller à cette soirée où son ex-femme risque d’être. Ces deux-là sont ensemble, à se découvrir par les mots et les silences créant un sentiment de proximité. Ainsi débute l’histoire avec différentes conversations autour de l’amour, du couple où chacun, chacune, donne sa version des choses. Le roman se termine de nombreuses années plus tard et donne l’occasion de voir comment la vie s’est écoulée pour chacun d’entre eux.

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Tous les jours, Suzanne de La Grande Sophie

Voilà 20 ans que j’écoute La Grande Sophie. Découverte lors du festival « Jours de fête à Mussonville » à Bègles en 2004, j’ai craqué pour cette nana atypique. Je ne suis pas une dingos de la foule et des concerts, pourtant en 2013, j’embarque ma copine basque, la petite Sophie, rencontrer La Grande à Tarnos sous un chapiteau au Festimai. J’étais au bord des larmes lorsqu’elle est descendue dans le public tout près de nous. En 2019, c’est au Rocher Palmer que je retrouve la Grande Sophie, avec toujours autant d’émotions.

Alors, évidemment, lorsque je découvre qu’elle a écrit un livre et qu’elle passe à l’entrepôt du Haillan…je fonce. Ma place pour le spectacle est au chaud depuis deux mois sur mon bureau et j’attends patiemment le 14 mars. Le livre Tous les jours Suzanne, je viens de le terminer. La Grande Sophie est née comme moi en 1969, et Suzanne est un prénom auquel je suis attachée, puisque c’est le second prénom de ma fille et qu’il me rappelle un être cher. Ça faisait trop de coïncidences pour passer à côté. Les lettres que la Grande Sophie adresse à Suzanne nous dévoilent ses failles, ses doutes, ses joies et ses peines.

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Miss Eliza d’Annabel Abbs

Si vous aimez la poésie et cuisiner, ce livre est fait pour vous. Inspiré de la vie d’Eliza Acton, poétesse mais également créatrice du livre de cuisine moderne, ce roman met en lumière cette personnalité méconnue du milieu du XIXème siècle en Angleterre. Les livres de cuisine existaient avant que ne paraisse le sien, mais aucun ne listait les ingrédients ni les proportions. Son livre révolutionne l’écriture culinaire par sa nouveauté en mettant fin aux approximations dans les mesures et l’écriture inélégante de ses prédécesseurs. De plus, elle cherchait à trouver les mots justes pour écrire une recette. Tout comme un poème, elle considérait qu’elle devait être le reflet exact de notre cœur. Car « un bon plat peut arrêter le temps », on peut sentir l’extase du moment. Au-delà de sa volonté de faire un livre accessible aux ménagères, elle voulait écrire.

J’ai aimé l’écriture distinguée d’Annabel Abbs qui reflète bien l’ambiance de l’Angleterre victorienne. Partant de documents d’archives sur Eliza Acton, l’autrice a imaginé une histoire sur la relation d’amitié entre Eliza et son aide cuisinière Ann Kirby. Elle utilise une intrigue autour de secrets de famille qui vient rythmer l’évolution des expériences culinaires que ces deux femmes vont entreprendre pour rédiger ce fameux livre de cuisine qui deviendra un best-seller en Angleterre.

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