La librairie du Contretemps

Portrait d’une libraire

A l’occasion d’une rencontre avec l’autrice, Maria Larea, qui y  présentait ce soir-là son premier roman, j’ai découvert une jolie librairie de quartier à Bègles « Le Contretemps », située tout près de la barrière. Spacieuse, lumineuse, des rayonnages bien pourvus, la librairie donne vraiment  envie d’y retourner.

Ce qui frappe d’abord, c’est le coin jeunesse. Début 2023, la librairie a pu s’agrandir ; elle a aménagé pour ses jeunes visiteurs un vaste espace, coquet et confortable. Presque comme à la maison…

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Retour sur la dégustation littéraire avec Pierre Lemaitre

Médiathèque Senghor – Carré des Jalles

Le 30 mars dernier, Pierre Lemaitre était à Saint-Médard-en-Jalles devant un public très nombreux. Loin d’être intimiste, nous étions 360 personnes à nous être déplacé pour l’écouter. Éloquent, théâtral même, pendant plus d’une heure il nous a parlé de sa vision du monde à travers son dernier roman « Le Silence et la Colère » publié le 10 janvier 2023 chez Calmann-Lévy. Il s’agit du deuxième volume de la suite romanesque intitulée Les Années glorieuses. Il fait suite à « Le Grand Monde » où nous suivons les rebondissements de la vie des membres de la famille Pelletier. L’intrigue se déroule dans les années cinquante. Voilà pour le contexte.

Pierre Lemaitre commence en nous parlant de la famille : c’est la grande attirance des romanciers selon lui.

Il y a un tropisme des romanciers pour l’histoire familiale. La famille c’est l’endroit où vont naître les premières grandes passions individuelles : le désir, la revanche, l’amour, la jalousie, le lien. Il y a trois structures qui rendent dingue : la première c’est la famille, la deuxième c’est l’école et la troisième c’est l’entreprise. Le thème de la famille passionne les lecteurs car les histoires familiales permettent de comprendre le fil de notre propre histoire et de lire la société.
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Géographie d’un père, de Pascale Dewambrechies

Dans son troisième roman, Géographie d’un père, paru aux éditions Passiflore en novembre 2022, Pascale Dewambrechies met en exergue une citation de Marguerite Duras : « Ecrire, c’est écrire sur soi. » L’imagination n’existe pas. Son livre, qui se présente pourtant comme un roman avant d’être un récit autobiographique, est le plus personnel de ses trois ouvrages. C’est une vibrante adresse au père disparu. Un père qui s’est éloigné d’elle lorsqu’elle avait 14 ans, mais dont elle a croisé à nouveau le chemin peu de temps avant sa mort, après 25 ans de silence.

Ta mort qui nous sépare, me fait toucher tout ce vide. Immense. Je me demande comment je l’ai comblé, qu’est-ce que j’y ai mis.

La mort du père l’a fait resurgir dans sa vie. Au fil des années qui ont suivi cette ultime rencontre, où rien n’a été dit – nous avons trop à nous dire pour nous dire quelque chose – elle va peu à peu prendre conscience du mal-être que l’absence du père a imprimé en elle, de ce qui souterrainement a produit du malheur.

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Un week-end dans le Michigan et Indépendance, de Richard Ford

C’est avec Un week-end dans le Michigan (1986) que Richard Ford « étrenne » le personnage de Frank Bascombe que l’on retrouve ensuite dans Indépendance (1995, Prix Pulitzer 1996) puis dans L’état des lieux et, plus récemment, En toute franchise.

Des configurations assez similaires pour ces deux romans qui nous font découvrir son personnage, le temps d’un week-end à chaque fois. Dans le Michigan d’abord avec sa petite amie après son divorce et le décès de son fils aîné ; lors d’un week-end prolongé de fête de l’Indépendance du 4 juillet ensuite, durant lequel il se partagera entre une compagne avec laquelle sa relation est en sursis et son fils cadet au comportement saturé de signaux faibles et inquiétants. Dans les deux cas, son ex-femme est là dans le paysage, proche puis plus lointain, lui signifiant une époque définitivement révolue qui reste le marqueur majeur de son existence, une époque où possible et réel n’étaient pas si distendus.

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