Le fantôme de la banquette arrière de Jan Carson

Nous avons récemment organisé une rencontre des Liseuses de Bordeaux autour de la thématique des maisons d’édition. C’est au cours de cette réunion que j’ai réalisé que la maison sur laquelle s’était arrêté mon choix, Sabine Wespieser Editeur, même si elle publie des auteurs de toutes les nationalités, m’évoque principalement un formidable quatuor d’autrices irlandaises contemporaines.

Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de leur rendre un rapide hommage même si cet article ne portera que sur la dernière d’entre elles, Jan Carson. Nuala O’Faolain, regrettée autrice de L’histoire de Chicago May récompensé du Prix Fémina en 2006. Edna O’Brien, décédée l’été dernier, qui avait reçu récemment, en 2019, rien moins qu’un prix Femina spécial pour l’ensemble de son œuvre ! Claire Keegan dont j’ai adoré, lu et relu, toutes les nouvelles du recueil L’antarctique.

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Petit pays de Gaël Faye

Un roman, sorti en 2016 aux Editions Grasset et Fasquelle, que j’ai trouvé à la fois poignant, drôle aussi parfois… et très perturbant. Roman qui m’a laissée soufflée et sans voix à sa fermeture. 

Il était une fois une guerre civile, une haine qui monta insidieusement et de façon incompréhensible entre 2 peuples cousins, les Tutsis et les Hutus, du génocide qui en découla et qui brisa la vie de milliers et de milliers de personnes ainsi que celles de leurs familles dans les années 93-94… juste à cause de la forme d’un nez, selon le papa de Gaby, le narrateur, vraiment, c’est sérieux, c’est possible ça ?

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La Végétarienne de Han Kang

Un drôle de titre quand même, et à mon sens un titre un peu réducteur… Je l’avoue, cela a contribué au fait que je découvre cette auteure coréenne Prix Nobel de littérature 2024 par Impossibles adieux (Prix Médicis 2023) avant de poursuivre mon exploration de son univers par ce roman-ci. Sont tour à tour convoqués, pour caractériser le style de HAN KANG, prose poétique et réalisme magique ainsi que la figure d’Haruki Murakami. 

Je ne me prononcerais pas sur la comparaison avec Murakami qui à certains égards ne me semble pas si juste mais je ne résiste pas à tracer un parallèle avec son dernier roman, La cité aux murs incertains. Alors qu’il y propose une vision marquante de la frontière entre réel et irréel en disant que oui, cette frontière existe mais qu’elle est incertaine et change constamment à la façon d’un être vivant, la même image s’avère parfaitement appropriée pour résumer la conception de la frontière entre normalité et anormalité qu’Han Kang nous livre dans La végétarienne. La frontière existe certes, mais elle est ténue, labile, mouvante. 

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La conversation amoureuse, d’Alice Ferney

25 ans. Ce roman d’Alice Ferney est sorti en 2000, il y a 25 ans. Je suis stupéfaite que les questions posées par ce chef d’œuvre soient aussi contemporaines. Pourtant, j’ai lu certaines critiques récentes disant « Heureusement que les choses ont changé ». Non, rien n’a changé. La relation à l’autre est toujours aussi compliquée et chacun fait comme il peut.

Le pitch

Alors que plusieurs couples se retrouvent pour une soirée (les hommes d’un côté à regarder du sport à la TV, et les femmes à manger et à papoter), deux personnes manquent à l’appel : Pauline a prétexté un repas professionnel laissant son mari rejoindre les autres et Gilles ne souhaite pas aller à cette soirée où son ex-femme risque d’être. Ces deux-là sont ensemble, à se découvrir par les mots et les silences créant un sentiment de proximité. Ainsi débute l’histoire avec différentes conversations autour de l’amour, du couple où chacun, chacune, donne sa version des choses. Le roman se termine de nombreuses années plus tard et donne l’occasion de voir comment la vie s’est écoulée pour chacun d’entre eux.

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