Un homme, ça ne pleure pas

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Le titre est éloquent et évoque, d’emblée, quelques tabous sociétaux et les places bien séparées des hommes et des femmes. Faïza Guène nous offre ici un superbe roman dans lequel nous suivons pas à pas le chaos d’une famille algérienne, empêtrée dans des conflits intergénérationnels nés de l’acculturation.
Un père, ancien cordonnier, analphabète, tente de s’adapter à d’autres destins pour ses enfants. Une mère, une mère « pieuvre », dévorante d’amour autant que nourricière, agrippée à ses propres repères de femme. Des enfants qui grandissent et dont la liberté fait peur.
C’est une jolie histoire de destins croisés, et de frères et sœurs si différents… Le texte est léger, semé d’humour, un texte qui ne juge pas.

Et puis de très beaux passages…

Les joues de ma mère sont douces et encore bien rebondies. Ses rides, ce sont les lignes du livre qu’elle n’a jamais pu écrire. C’est l’histoire de sa vie qui se dessine dans le coin de ses yeux. Les plis sur son front, ce sont autant d’inquiétudes, d’attentes à la tombée de la nuit…

Laetitia, 19/02/2016

Mankell et Wallander

henning-mankell-une-main-encombrante-liseuses-de-bordeauxComment ça ? Pas un seul article consacré aux aventures de Wallander, personnage né sous la plume de Henning Mankell, sur le blog des Liseuses de Bordeaux ? Pourtant, s’il y a bien un auteur qui s’invite de façon régulière dans les réunions des Liseuses, c’est bien Henning Mankell, l’écrivain suédois récemment disparu.

Je vais donc vous parler d’un de ses romans, Une main encombrante. Ce n’est pas n’importe quel roman puisqu’il s’agit de l’une des dernières enquêtes de Kurt Wallander. Si vous ne connaissez pas encore ce personnage,  vous allez avoir un sacré boulot de rattrapage à faire ! Qu’importe, soyons fous ! Commençons par la fin, car Mankell écrit tellement bien qu’on peut lire les enquêtes de Wallander dans le désordre.Lire la suite »

Rencontre avec Phil Klay

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Florence et Phil Klay, 27 novembre 2015 ©Liseuses de Bordeaux

Dans le cadre du festival Lettres du monde, nous avons interviewé Phil Klay à la médiathèque de Saint-Médard-en-Jalles. Un moment inoubliable avec un écrivain éminemment sympathique qui nous parle de son livre puissant Fin de mission. Extraits.

Fin de mission est un recueil de nouvelles. Pourquoi avoir choisi ce genre ?
Phil Klay :
Il y a plusieurs raisons. La première est qu’on a souvent une vision trop étroite de ce qu’est un soldat. Quand on pense à la Première Guerre mondiale, on pense à la guerre de tranchée, quand on pense à la guerre du Vietnam, on pense aux patrouilles dans la jungle, et on rattache ainsi chaque guerre à une image. Mais la guerre moderne est beaucoup plus complexe. Il y a une énorme organisation que je voulais montrer à travers toute une gamme de métiers : un aumônier, un soldat chargé des affaires mortuaires, un artilleur, etc. Cela m’a permis d’étudier une même question sous des angles différents.
Finalement, il y a une sorte de tradition dans les écrits sur la guerre, qui consiste à considérer ce que dit le vétéran pour vérité. J’ai un problème avec cette tradition; c’est pourquoi j’ai voulu qu’il y ait douze narrateurs, qui ne sont pas tous d’accord avec ce qu’est la guerre ou la politique. J’ai pensé que ça laisserait un espace pour que les lecteurs s’identifient ou non avec un personnage.Lire la suite »

Petits plats de résistance de Pascale Pujol

 

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A vos agendas ! Le 9 décembre prochain, en partenariat avec la librairie Mollat, nous animons une rencontre avec Pascale Pujol, auteure d’un premier roman hilarant, Petits plats de résistance, paru en août dernier aux éditions Le Dilettante.

Si Karine Becker avait mieux maîtrisé la méthode Ogino, rien de tout ce qui suit ne serait arrivé.

Choisissez comme décor la butte Montmartre, les quartiers de Barbès et la Goutte d’Or,

Prenez Sandrine Cordier, conseillère à Pôle emploi qui rêve d’ouvrir un restaurant. « Chien renifleur » réputé pour son habileté à débusquer les chômeurs qui fraudent, elle est ce fin limier que son directeur d’agence encense. « Vous arriveriez à radier quelqu’un qui n’est pas inscrit », s’enthousiasme-t-il.

Ajoutez-lui un mari, Guillaume, revendeur de journaux volés, une fille de douze ans, Juliette, lutin génie de l’informatique, et Aurélien, un fils épris de mode,

Convoquez pêle-mêle Antoine, militant altermondialiste bardé de diplômes, Marcel, président de groupe de presse et son fils Laurent, jet-setteur au QI d’huître, et aussi Annabelle, spécialiste du Kamasutra, et surtout, surtout assurez-vous de la présence de Nadine et Bernard, tout droit sortis d’un sketch des Deschiens,

Et puis ajoutez bien d’autres personnages hauts en couleur…

N’oubliez pas l’agent immobilier au costume bon marché…

Et finalement mélangez le tout et vous obtiendrez un melting-pot désopilant, un portrait humoristique et parfois féroce d’une société métissée où on se toise, s’apprivoise et finalement s’assemble dans un joyeux tintamarre.

Aucun doute là-dessus, Pascale Pujol est en pleine forme. Elle signe un roman savoureux que nous avalons goulûment pour oublier, l’espace d’un instant, la morosité ambiante. Un vrai régal.

Vivement le 9 décembre qu’elle nous donne la recette !!!

Marisa, 2/12/2015