Indian Creek ou l’apprentissage de la vie sauvage

indian-creek-pete-fromm-liseuses-de-bordeauxIndian Creek de Pete Fromm est le récit charmant, empli d’humour et d’humilité d’une période d’apprentissage exceptionnelle.

Pete Fromm, alors étudiant en biologie animale, accepte de s’isoler pendant sept mois au fin fond des Rocheuses pour assurer la surveillance d’un bassin de saumons. Insouciant – et probablement aussi un peu inconscient – il part s’installer dans l’Indian Creek, à la frontière entre le Montana et l’Idaho, avec pour seul bagage sa vision romantique de la vie de trappeur et quelques livres. Lire la suite

Jeune vieillard assis sur une pierre en bois de Georges-Olivier Châteaureynaud

L’art de la nouvelle !!!!
Ce livre est un recueil de huit nouvelles qui prennent racine dans le quotidien. Le héros est un homme ordinaire, souvent enseignant ou brocanteur, à qui il arrive quelque chose d’extraordinaire. Un peu comme à l’époque de « La quatrième dimension »…. Une imagination débordante doublée d’une écriture fine font de ces nouvelles un voyage fantastique que l’on ne peut s’empêcher d’accompagner. Et on y croit. La quatrième de couverture parle de contes. C’est exactement ça : des contes d’aujourd’hui. Je ne saurais dire quelle nouvelle j’ai préférée, je les ai toutes aimées !!

Edith

Pour entendre l’auteur parler de cet ouvrage :

Au revoir là-haut : on aime, on n’aime pas

Les Liseuses donnent leur avis sur ce livre nominé au Prix des Lecteurs-Escale du Livre.
lemaitre

ON AIME

Avant même l’obtention du prix Goncourt, plusieurs critiques m’avaient donné envie de lire ce livre. Et je n’ai pas été déçue. Tout y est : une écriture fine, une analyse profonde des personnages, une histoire passionnante et une trame digne d’un roman policier ( dont l’auteur est issu).

Deux soldats vont se rencontrer sur le champ de bataille à la veille de l’armistice de 1918. Blessés, ils vont se retrouver dépendants l’un de l’autre. Trop abîmés pour un retour à une vie normale et déçus par un Etat qui s’occupe plus des morts que des vivants, ils vont monter une escroquerie d’une ampleur nationale et totalement amorale.
Ce roman est le contraire de ce que j’avais déjà pu lire sur la première guerre mondiale. Il ne glorifie pas ses soldats, n’en fait pas des héros. Les gradés et les traîtres réussissent. Les soldats blessés, tant moralement que physiquement, végètent dans un après-guerre qui n’a pas besoin d’eux et qui surtout n’en veut pas.

Pierre Lemaitre m’a tenue en haleine durant tout son roman. J’ai lu quelque part qu’il écrivait également des scénarios. C’est sans doute pour cela que ce roman est aussi réaliste et rythmé.
Pour moi, un bon Goncourt.

Par Edith

ON N’AIME PAS

Je n’ai pas aimé « Au revoir là-haut »… sans doute parce que j’ai adoré « 14 » d’Echenoz.
Autant j’ai été impressionnée et émue par la concision d’orfèvre du texte d’Echenoz qui en une centaine de pages convoque toute l’horreur et le gâchis de 14/18, autant le style de Pierre Lemaitre m’a irritée.
Pierre Lemaitre ne montre pas, il démontre. Il raconte, il explique, ne laissant au lecteur aucun espace pour se projeter dans les situations vécues par ses personnages.
J’ai lu les 566 pages de son livre sans parvenir à me représenter ni Albert, ni Edouard, ni les décors, ni les atmosphères.
On parle à propos d’ « Au revoir là-haut » de roman naturaliste, d’ambition picaresque. L’écriture est effectivement datée. Il y a du Maurice Leblanc chez Pierre Lemaitre.
On trouve de bonnes idées comme l’arnaque aux monuments aux morts mais l’intrigue est cousue de fil blanc, les rebondissements tirés par les cheveux (ce qui pour un auteur de polars est embêtant).
Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils. Tout ceci fait peut-être un roman mais un Goncourt ?
Au final, ce que je préfère, c’est l’exergue emprunté à Jean Blanchard fusillé pour traîtrise le 4 décembre 1914 et réhabilité le 29 janvier 1921 : « Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse… ».

Par Hélène

Sunset Park

de Paul Auster, Actes Sud, 2011

Paul Auster trouve avec ce 18ème roman un nouvel élan, un nouveau souffle, après la mauvaise passe de Dans le scriptorium et Seul dans le noir.  Le personnage principal de ce roman, Miles Heller, quitte famille et études, hanté par la mort accidentelle de son demi-frère, Bobby. Après plusieurs petits boulots, il s’installe en Floride où il vide les maisons saisies aux victimes des subprimes. Par amour pour Pilar, il part se réfugier à Brooklyn dans une maison abandonnée qu’il partage avec d’autres squatteurs. Amérique de l’après 11 septembre, personnages en marge d’une société fragilisée par la crise financière, Paul Auster-le-mélancolique décrit une jeunesse en désillusion, sans repères dans l’époque qui est la nôtre.
Un très beau livre servi par la très belle traduction de Christine le Boeuf.

A écouter : Paul Auster lit un extrait de Sunset Park


Par Marisa