Lost in Laos d’Olivier Ka

Si vous n’avez pas pu assister au touchant spectacle sonore et graphique d’Olivier Ka ce week-end à l’Escale du livre (quel dommage…), tout n’est pas perdu. Un très beau petit livre racontant ce voyage va sortir aux Editions Elytis le 3 mai prochain.
C’est en traversant l’Asie en famille qu’Olivier a ressenti quelque chose de très fort. Il décide donc de se donner deux mois, et part seul au Laos.
« J’avais un rendez-vous » dit-il.
Il enregistre des sons, dessine des croquis et avance au gré des rencontres. Il ne sait pas où se trouve son rendez-vous ni quelle est sa nature. Olivier n’a prévu aucun itinéraire, aucun point de chute. Mais il finit par découvrir ce qui l’attendait.
Avec ce livre broché, vous n’aurez pas les sons de ce récit de voyage. Mais vous aurez les mots et les dessins et très certainement toute l’émotion que cet auteur au grand cœur sait partager, que l’on soit petit ou grand.
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Babeth, 9 avril 2018
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Le carnet de voyage : un genre littéraire à (re)découvrir

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L’association Lettres du Monde organise pour la deuxième année les Rencontres du Carnet de Voyage : elles se dérouleront les 3 et 4 décembre prochains au Marché des Douves, à Bordeaux.

Le carnet de voyage n’est pas un genre nouveau. Il a été maintes fois utilisé pour rendre compte d’un voyage, dans son acception la plus large, qu’il s’agisse de l’exploration d’une terre inconnue, d’un voyage intérieur ou d’un voyage initiatique. Qu’ils soient réalisés par des écrivains, comme le célèbre Voyage en Orient d’Alphonse de Lamartine, ou par des explorateurs modernes, ils rendent compte d’une certaine perception du monde. Leur format, à mi-chemin entre le journal de bord et le carnet d’illustrateur, en fait un bel objet, agréable à feuilleter, facile à offrir…

L’illustrateur Alfred, les carnettistes Stéphanie Ledoux et Reno Marca participeront à cette édition et présenteront leur travail. Mais les Rencontres du Carnet de voyage laissent aussi la place à des expressions plus contemporaines : une performance avec Guillaume Mouton dit Mouts de l’émission Nus et Culottés aura lieu samedi à midi, suivie d’une discussion sur l’utilisation du numérique dans la création du carnet de voyage. L’exposition photographique Osons la Pause ! donnera le ton du week-end.

Le programme : ici

Florence, 1er décembre 2016

2016, une nouvelle Escale du Livre à Bordeaux

escale-du-livre 2016Ce jeudi 17 mars, j’ai eu le plaisir d’assister à la conférence de presse donnée par Pierre Mazet, président de l’Escale du Livre, sous le regard bienveillant de Laetitia Faure qui vient remplacer Pascaline Mangin dans ses fonctions. Nous avons pu apprendre le nom du lauréat du Prix des lecteurs Escale du livre 2016 : il s’agit de Thomas B. Reverdy pour Il était une ville. Il sera invité le dimanche 3 avril à 11h au Studio de création du TnBA pour la remise du Prix et une rencontre avec les lecteurs.

Cette Escale s’annonce encore très riche et ce sera un dilemme de choisir parmi tous les auteurs invités. Au hasard, je vous donne quelques exemples de la programmation :

– Le grand entretien et la lecture de Philippe Claudel (le 1er avril à 18h)

– Une lecture dessinée du très beau texte de l’auteur jeunesse Gilles Abier (le 1er avril à 18h)

– Une lecture en musique de Nous serons des héros de Brigitte Giraud, par le comédien Hippolyte Girardot et le musicien Bastien Lallemant, (le 1er avril à 20h30)

– Une performance : La Plage de et avec Marie Nimier (le 2 avril à 15h)

– Un grand débat : La France et les pays musulmans : une relation difficile ? avec Jean Birnbaum, Gilles Kepel et Pierre Vermeren (le 2 avril à 15h30)

– Une lecture dessinée en musique : La française pop de Christophe Conte et Charles Berberian (le 2 avril à 20h30)

Le Grand Vivant de Patrick Autréaux, lu par le comédien Mathieu Genet et dansé par Thierry Thieû Niang (le 3 avril à 14h) Lire la suite

Le Festival Regard 9, pour partager des moments de création

regard9-2015-liseuses-de-bordeauxDu 25 mai au 7 juin, le Festival de BD bordelais se tiendra à l’Espace Saint Rémi et sur l’I.Boat, aux bassins à flot.

Après Alfred et ses Italies, le Festival invite le dessinateur voyageur Christian Cailleaux. Voix profonde, allure de gentleman, curieux des autres, Christian Cailleaux a beaucoup parcouru la terre et ses océans, de l’Inde au Canada et à l’Afrique. Sur terre, il a animé de nombreux ateliers de dessin dans les centres culturels ; sur les océans, il a navigué à bord des bâtiments de la Marine Nationale, avec son ami le comédien-écrivain Bernard Giraudeau.

A partir du 25 mai, l’exposition La Terre est bleue vous conviera au voyage sur le grand bateau de l’Espace Saint Rémi, où Christian Cailleaux a voulu retracer les émotions qu’il a ressenties lors de ses périples, au rythme des débarquements et des rembarquements. L’entrée sera un quai, on verra la mer depuis le bateau, on voyagera puis on débarquera « ailleurs ». Vous pourrez ainsi toucher des yeux la « dimension rêvée, la dimension fantasmée du voyage ».  Soirée d’inauguration qui promet d’être riche en émotions, le 26 mai à 19h.

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Christian Cailleaux

Du 5 au 7 juin, un grand bouillonnement créatif prendra d’assaut l’I.Boat et ses plages, dans le cadre de la carte blanche donnée à l’auteur bordelais. En voici un aperçu : Lire la suite

Plaisir d’offrir, joie de recevoir

nelly-arcan-folle-les-liseuses-de-bordeauxActuellement, on peut voir au Lieu sans Nom, à Bordeaux, un montage théâtral de textes de Nelly Arcan, interprétés par trois comédiennes. Gilbert Tiberghien en a réalisé la mise en scène.

Nelly Arcan, une jeune écrivaine québécoise, s’est donné la mort en 2009 à Montréal à l’âge de 36 ans. Elle avait décidé à l’âge de quinze ans de se suicider à 30 ans. Dans son oeuvre, elle aborde de façon quasi-obsessionnelle, dans un style flamboyant, les thèmes du désir, de l’image de la femme, de la marchandisation du corps vécu à la fois comme prison détestée (une « burqa de chair« ), comme emblème de séduction et enfin le thème du suicide. Elle met à l’oeuvre ce questionnement en intellectuelle dans ses écrits mais elle l’a vécu dans sa chair de manière paroxystique jusqu’à la fin de sa vie. Elle fut escort girl pendant cinq ans lorsqu’elle était étudiante. Sa première oeuvre d’auto-fiction, Putain, lui fit connaître un succès immédiat. Au-delà d’un certain voyeurisme ou même d’un premier geste de rejet, le lecteur, à mon avis, ne peut être qu’ébranlé par la justesse des problématiques en jeu dans ses écrits.

Françoise Bleuse, l’une des comédiennes et initiatrice du projet, a bien voulu satisfaire ma curiosité et répondre à certaines questions.

Marie-France : Françoise, d’où t’est venue l’idée d’adapter des textes (Putain,  Folle,  Burqa de chair) de Nelly Arcan au théâtre ? Lire la suite