Trois ouvrages à découvrir de toute urgence (ou un peu plus tard)

histoire-des-grands-parents-que-je-n-ai-pas-eus-ivan-jablonka-liseuses-de-bordeauxHistoire des grands-parents que je n’ai pas eus
de Ivan Jablonka, paru en poche aux Editions du Seuil
Ivan Jablonka, professeur d’histoire à l’université Paris 13, éditeur à La République des Idées et rédacteur en chef de la revue laviedesidées.fr, n’a pas connu ses grands-parents paternels arrêtés un matin de février 1943 et gazés à Auschwitz, ne laissant derrière eux que deux orphelins, quelques lettres et un passeport.
C’est pourtant à partir de ces seuls éléments qu’il va mener une enquête passionnante, à la fois biographie familiale, œuvre de justice, recherche historique et déclaration d’amour à ses disparus.
Cette quête mène le lecteur d’un petit village de Pologne au Belleville des années 40, de la Bretagne où seront cachés les orphelins au camp de Drancy.
Un hommage, digne et sensible, au destin tragique de Matès et Idesa qui deviennent, au fil de la lecture, comme de lointains parents dont nous chérirons à notre tour la mémoire.

DR

Le plancher de Jeannot – DR

Nous tous sommes innocents
de Cathy Jurado-Lécina, aux éditions Aux Forges de Vulcain
Glané sur le stand des éditions Aux Forges de Vulcain présentes pour la première fois à l’Escale du livre, ce premier roman est une très bonne surprise.
Inspiré d’une histoire vraie, il conte la vie de Jeannot qui, dans les années 70, du fond de son hameau, grava le parquet de sa chambre d’un texte en capitales de 80 lignes poinçonnées lettre par lettre. (On peut, aujourd’hui encore, voir ce parquet exposé devant l’entrée de l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne à Paris).
Cathy Jurado-Lécina reconstituant la vie de ce jeune paysan offre au lecteur une fiction au plus près de l’expérience de ses personnages.
Une langue claire et sensible, un beau moment de lecture.

Un blanc
de Mika Biermann, aux éditions Anacharsis
Appareillez à bord de l’Astrofant et vivez une expérience de lecture désopilante.un-blanc-mika-biermann-liseuses-de-bordeaux
Mika Biermann, auteur d’origine allemande qui a jeté l’ancre à Marseille il y a 25 ans, vous conte les déboires d’une expédition scientifique dans les contrées antarctiques à laquelle la rencontre malencontreuse avec un iceberg va donner un tour inattendu.
Écriture truculente et personnages grand guignolesques, un petit extrait pour vous mettre l’eau (froide, très froide) à la bouche :

Au moment où notre sismologue Wobliètchenkov enjambait à son tour le bastingage pour nous rejoindre, un son de bourdon assourdissant se fit entendre et la glace se fendit devant la proue du bateau, la cassure se prolongea droit vers le sommet de l’iceberg, et nous fûmes projetés en l’air…..

Hélène, 06/05/2015

L’Escale hors les murs

L’Escale du Livre revient les 10, 11 et 12 avril prochains dans le quartier Sainte-Croix à Bordeaux.
Le programme est foisonnant, nous aurons l’occasion d’y revenir.

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Profitons de cet événement pour partir à la découverte, entre deux conférences, de l’une des rues les plus sympathiques de Bordeaux, la rue Camille Sauvageau qui mène du TnBA à la place Saint-Michel, enfin rendue à ses piétons.

Cette courte escapade vous révèlera des trésors :  authentique boutique vintage Vestida au n° 23, cuisine « comme à la maison » Chez ta mère au n°12, déjeuner en terrasse chez Croq’délice au n°38 ou le meilleur saumon fumé de Bordeaux chez Goldsmith’s au n° 17.

Mais surtout, au n° 34 de la rue Camille Sauvageau, seront présentées les planches originales de Suite Française : Tempête en Juin (Denoël Graphic, 2015) d’Emmanuel Moynot et Chantal Quillec, adaptation en BD du roman posthume d’Irène Némirovsky, prix Renaudot 2004.

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L’album met en scène la débâcle et l’exode à travers une galerie de personnages jetés sur les routes de France en 1940.
Une séance de dédicace exceptionnelle en présence des deux auteurs aura lieu le samedi 11 avril à partir de 13h.
L’atelier sera ouvert jeudi 9 et vendredi 10 avril de 14h à 19h et samedi 11 et dimanche 12 de 11h à 19h
Pour tout renseignement : 05 56 91 19 93

Hélène

Le banquet par la Compagnie Travaux Publics

Formidables livres vivants !

Formidables livres vivants ! ©Pierre Planchenault

Grande leçon de théâtre et grand moment de bonheur hier soir à La manufacture Atlantique où la compagnie Travaux Publics présentait, de 18h à minuit, la première étape de la Bibliothèque des Livres Vivants. L’idée ? Confier la lecture de 6 œuvres majeures à six comédiens qui s’emparant du texte, le travaillant, le domestiquant, finissent par l’incarner totalement. Lire la suite

La neige noire d’Oslo

luigi-di-ruscio-la-neige-noire-d-oslo-liseuses-de-bordeauxPublié par les excellentes éditions Anacharsis, La neige noire d’Oslo, roman de Luigi Di Ruscio, ne ressemble à aucun autre.
Il y a du Céline dans l’écriture de ce poète ouvrier métallurgiste émigré en Norvège en 1957 qui, pendant 37 ans, alterne journée de travail en usine et soirée d’écriture dans le logement HLM qu’il occupe avec sa femme et leurs quatre enfants. La langue des échanges quotidiens est le norvégien tandis que l’italien devient la langue littéraire (jamais sa femme ni ses enfants ne pourront le lire).
La neige noire d’Oslo déroule la chronique tragi-comique d’une vie familiale, prolétaire et littéraire, inédite.

Puis il y a ces longs hivers glacés aux journées très courtes et aux nuits interminables, les neiges persistent des mois durant, toute cette blancheur finit par noircir et Oslo devient la ville de la neige noire. Il y a deux sortes de voyageurs, ceux qui dans les choses les plus banales découvrent le merveilleux, l’étrange, la chose jamais vue et puis les voyageurs dégoûtés qui voient partout les mêmes choses que dans leur patrie mais en pire.

Une lecture à ne pas manquer !

Hélène

La Nuit de l’Ecriture 2013

marquezeLe 29 juin dernier, nous sommes plusieurs à nous être retrouvés à la Nuit de l’Ecriture, à Marquèze, dans le Parc naturel régional des Landes. Patrice s’est porté volontaire pour relater cette expérience hors du temps…

Sabres, dans la campagne landaise. Une aire de stationnement ombragée où chaque véhicule choisit son emplacement dans un désordre organisé. Cela tranche avec ces parkings bitumés et quadrillés où la voiture doit se contorsionner pour pénétrer un espace réduit. C’est de bonne augure pour la soirée et la nuit qui s’annoncent. Une gare, somme toute semblable à d’autres. Un train original est sagement à quai ; vieux sans être âgé, coloré, les distances ne comptent plus pour lui. Ce soir, il va emmener des voyageurs particuliers… Lire la suite